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29 août 2007

volé sur http://www.alternatives-internationales.fr

« Musique : la Chine toujours pop »

Les Chinois écoutent d’abord du made in Asia. Et côté vente d’albums, leur stars n’ont rien à envier aux têtes d’affiche américaines.

Jay Chou, Wang Fei, Anthony Wong.... Leurs noms sont quasiment inconnus à l’Ouest. Mais à l’Est de la planète, ce sont des stars. Leur popularité n’a rien à envier à celle de Britney Spears, Kylie Minogue ou Michael Jackson avec lesquels ils font presque jeu égal, au niveau des ventes d’albums. La Chine continentale, mais aussi les communautés chinoises réparties dans la région et dans le monde vibrent aux sonorités, souvent sirupeuses, d’une musique pop made in Asia. Et non made in Occident.
C’est à Taiwan et à Hongkong, plus ouverts et plus perméables aux courants extérieurs, que la Chine communiste, s’est construit à partir des années 80 un genre qui emprunte sans complexe à tous les styles disponibles. Y compris aujourd’hui, ceux du Japon ou de la Corée voisine. « A la différence des groupes de rock de Pékin, écoutés seulement par une minorité et qui tentent souvent de donner une teinte chinoise à leur musique, en y intégrant des sonorités ou des instruments traditionnels, les chanteurs pop chinois assument leur position hybride, à cheval entre les influences », souligne Jeroen de Kloet, enseignant à l’université d’Amsterdam. L’identité de leur genre musical se définit avant tout par l’usage d’une langue chinoise, le mandarin pour le mandapop, surtout présent à Taiwan et sur le continent. Le cantonais pour le cantopop, implanté à Hongkong et au sud de la Chine. La présence centrale de la langue maternelle donne à la pop chinoise une audience immédiate dans tous les Chinatowns de la planète. « Cette musique qui n’est écoutée que par ceux qui parlent chinois permet aux communautés émigrées de se distinguer des autochtones, aux Etats-Unis ou en Europe, poursuit Jeroen de Kloet. Elle relie ces individus de la diaspora à leur lointain pays d’origine, leur donne le sentiment d’avoir un foyer, une patrie. D’autant que succès économiques aidant, la fierté d’être chinois est de plus en plus forte aujourd’hui chez les expatriés. Mandapop et cantopop créent ainsi une communauté sonore imaginaire et contribuent à fabriquer une identité chinoise globale par delà les frontières politiques des Etats. »

Les stars brouillent les genres
Alors que le rock est toujours empreint d’une image de rébellion violente et de contestation par les jeunes de l’ordre établi, la pop chinoise, essentiellement constituée de ballades sentimentales, est peu contestataire. En tout cas, explicitement. « Les textes ne sont pas clairement politiques, comme peuvent l’être en Occident ceux d’un groupe comme U2, commente Jeroen de Kloet. En revanche, les paroles de certaines chansons d’Anthony Wong ont été interprétées par le public comme une critique des conditions dans lesquelles la Chine continentale a repris le contrôle de Hongkong. Une artiste comme Anita Mui, décédée il y a deux ans, a été contrainte de quitter la Chine continentale parce que les autorités jugeaient que ses chansons étaient trop provocatrices sur le plan sexuel. Comme Madonna, son féminisme n’était pas politique ou théorisé, mais transparaissait dans son attitude, dans ses chansons. » Les vedettes de la mandapop et de la cantopop aiment d’ailleurs brouiller les genres et entretenir le flou dans un monde globalisé. Ainsi, les chanteurs masculins affichent volontiers des manières androgynes, laissant planer des interrogations sur leur homosexualité. De même, les stars jouent souvent sur plusieurs tableaux pour multiplier les apparitions : musique, cinéma, publicité, soutien aux actions humanitaires...

Les préjugés occidentaux
Apparemment lisse et formatée, la pop chinoise est souvent regardée avec mépris par les observateurs étrangers, souligne Jeroen De Kloet. Une attitude qui révèle d’abord leurs propres préjugés : « La mandapop et la cantopop ne sont pas assez “exotiques” à leurs yeux. Alors que le raï ou la musique africaine sont censés avoir conservé l’authenticité de leurs origines, la pop chinoise ne cherche pas à être différente de la pop musique occidentale. Ce qui désarçonne nos schémas intellectuels, encore empreints de colonialisme. Mais de quel droit les Occidentaux décideraient-ils de ce qui est vraiment chinois ? »
Yann Mens

Posté par bbristo à 00:16 - mercredi musique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

j'ai pas de son...

Sur l'ordi que j'ai aujourd'hui, je n'ai pas le son mais je me rejoui de decouvrir cette grande dame..

Posté par laitue, 29 août 2007 à 22:54

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