29 août 2007
Wang Fei
Wang Fei, Wang Fei… la première chanteuse chinoise que j’ai vue accrochée au mur de la chambre d’un étudiant occidental lambda. Ils l’aiment tous ! Wang Fei la belle, sur le poster j’ai d’abord cru que c’était Björk, troublant. Elle est troublante elle est star elle est internationale elle est Wang Fei et il n’y en a pas deux.
Sa biographie invite au respect. Je n’en dirai pas plus tant la page (quand vous cliquez sur biographie) est complète et éclairée.
Wang Fei trop haut trop belle trop internationale ? A mon échelle de Chinois moyen, il faut bien dire qu’elle est plutôt pâle, elle doit rayonner dans les sphères supérieures. Wang Fei une deuxième fois dans mercredi musique car elle est incontournable et que j’ai la chance de savoir à qui cela fera plaisir.
Avec Lionel
Cliquez sur la photo pour voir l’animation
Paroles en chinois, vous pouvez les lire?
词曲 王菲
九月天高人浮躁
la jum bo
wu na sha 啊
la jum bo
九月里平淡无聊
一切都好只缺烦恼
la jum bo
wu na sha 啊
la jum bo
Petite traduction simple
Au neuvième mois les gens sont légers comme l'air
Au neuvième mois parler devient ennuyeux
Tout est trop clair je m'ennuie des emmerdes
volé sur http://www.alternatives-internationales.fr
« Musique : la Chine toujours pop »
Les Chinois écoutent d’abord du made in Asia. Et côté vente d’albums, leur stars n’ont rien à envier aux têtes d’affiche américaines.
Jay Chou, Wang Fei, Anthony Wong.... Leurs noms sont quasiment inconnus à l’Ouest. Mais à l’Est de la planète, ce sont des stars. Leur popularité n’a rien à envier à celle de Britney Spears, Kylie Minogue ou Michael Jackson avec lesquels ils font presque jeu égal, au niveau des ventes d’albums. La Chine continentale, mais aussi les communautés chinoises réparties dans la région et dans le monde vibrent aux sonorités, souvent sirupeuses, d’une musique pop made in Asia. Et non made in Occident.
C’est à Taiwan et à Hongkong, plus ouverts et plus perméables aux courants extérieurs, que la Chine communiste, s’est construit à partir des années 80 un genre qui emprunte sans complexe à tous les styles disponibles. Y compris aujourd’hui, ceux du Japon ou de la Corée voisine. « A la différence des groupes de rock de Pékin, écoutés seulement par une minorité et qui tentent souvent de donner une teinte chinoise à leur musique, en y intégrant des sonorités ou des instruments traditionnels, les chanteurs pop chinois assument leur position hybride, à cheval entre les influences », souligne Jeroen de Kloet, enseignant à l’université d’Amsterdam. L’identité de leur genre musical se définit avant tout par l’usage d’une langue chinoise, le mandarin pour le mandapop, surtout présent à Taiwan et sur le continent. Le cantonais pour le cantopop, implanté à Hongkong et au sud de la Chine. La présence centrale de la langue maternelle donne à la pop chinoise une audience immédiate dans tous les Chinatowns de la planète. « Cette musique qui n’est écoutée que par ceux qui parlent chinois permet aux communautés émigrées de se distinguer des autochtones, aux Etats-Unis ou en Europe, poursuit Jeroen de Kloet. Elle relie ces individus de la diaspora à leur lointain pays d’origine, leur donne le sentiment d’avoir un foyer, une patrie. D’autant que succès économiques aidant, la fierté d’être chinois est de plus en plus forte aujourd’hui chez les expatriés. Mandapop et cantopop créent ainsi une communauté sonore imaginaire et contribuent à fabriquer une identité chinoise globale par delà les frontières politiques des Etats. »
Les stars brouillent les genres
Alors que le rock est toujours empreint d’une image de rébellion violente et de contestation par les jeunes de l’ordre établi, la pop chinoise, essentiellement constituée de ballades sentimentales, est peu contestataire. En tout cas, explicitement. « Les textes ne sont pas clairement politiques, comme peuvent l’être en Occident ceux d’un groupe comme U2, commente Jeroen de Kloet. En revanche, les paroles de certaines chansons d’Anthony Wong ont été interprétées par le public comme une critique des conditions dans lesquelles la Chine continentale a repris le contrôle de Hongkong. Une artiste comme Anita Mui, décédée il y a deux ans, a été contrainte de quitter la Chine continentale parce que les autorités jugeaient que ses chansons étaient trop provocatrices sur le plan sexuel. Comme Madonna, son féminisme n’était pas politique ou théorisé, mais transparaissait dans son attitude, dans ses chansons. » Les vedettes de la mandapop et de la cantopop aiment d’ailleurs brouiller les genres et entretenir le flou dans un monde globalisé. Ainsi, les chanteurs masculins affichent volontiers des manières androgynes, laissant planer des interrogations sur leur homosexualité. De même, les stars jouent souvent sur plusieurs tableaux pour multiplier les apparitions : musique, cinéma, publicité, soutien aux actions humanitaires...
Les préjugés occidentaux
Apparemment lisse et formatée, la pop chinoise est souvent regardée avec mépris par les observateurs étrangers, souligne Jeroen De Kloet. Une attitude qui révèle d’abord leurs propres préjugés : « La mandapop et la cantopop ne sont pas assez “exotiques” à leurs yeux. Alors que le raï ou la musique africaine sont censés avoir conservé l’authenticité de leurs origines, la pop chinoise ne cherche pas à être différente de la pop musique occidentale. Ce qui désarçonne nos schémas intellectuels, encore empreints de colonialisme. Mais de quel droit les Occidentaux décideraient-ils de ce qui est vraiment chinois ? »
Yann Mens
27 août 2007
la fête des fantômes
Le vent claque les tôles des immeubles en constructions, un portrait de Mao sur l’échafaudage n’est pas de trop pour conjurer les mauvais sorts, à côté l’allée des bouleaux frémit l’éclairage public vacille derrière les frondaisons comme s’il voulait se faire tout petit s’avaler et disparaître. Dans la pénombre les passants n’osent presser le pas bien que tous veuillent être à mille lieux de là. Il pleut de grosses gouttes épaisses comme de la poix de gros yeux noirs sur le goudron. Regard vide mais rageur des morts sans sépulture. C’est leur mois, le 7ème du calendrier et c’est leur jour leur nuit de pleine lune drapée de nuages sombres et lourds de menaces.
Leur décès survenu trop tôt ou des rites funéraires négligés les ont empêchés de rencontrer le greffier des Enfers celui qui ordonne la vie des âmes après la mort. Ils n’ont pas pu rentrer dans le cycle infernal qui débouche sur une renaissance. Ils sont encore plus malheureux plus torturés que ceux qui subissent les pires supplices dans le cinquième Enfer, celui du roi Yama.
Ces âmes damnées, privées de la société des morts errent toute l’année et causent mille malheurs aux humains. Le 7ème mois, quand la porte des Enfers s’ouvre et que les âmes des suppliciés ont loisir de faire un tour sur terre, les humains ne manquent pas d’offrir des offrandes aux âmes perdues afin qu’elles puissent entrer aux Enfers avant que la porte ne se referme, le dernier jour du mois.
C’est la fête des fantômes et bien sûr nous brûlerons de l’argent funéraire pour nos défunts mais ce n’est pas à proprement parler leur fête. Eux ils ont eu le droit de rentrer aux Enfers puisque nous avons fait les rites nécessaires, de plus il y aura la fête de Qingming, au début du printemps où toutes les familles iront dans les cimetières pour « balayer » les tombes.
En Chine populaire les rites ont perdu de leur faste et les superstitions ne font pas vraiment bon ménage avec la vie côté cour. Comme souvent, tout le monde sait et personne ne parle ! Il y a de rares exceptions où l’observateur européen peut voir trace de ces traditions millénaires et l’une d’elles ce sont ces petits feux dans les endroits publics, au carrefour des routes ou au bord de l’eau, sans décorum, seul ou en famille nous y brûlons de l’argent funéraire pour que les morts ne soient pas démunis et qu’ils ne soient pas en colère contre nous.
Pour avoir une idée de l’imaginaire des Chinois et de ce que signifient ces superstitions muettes il est intéressant de lire ce qui se passe à Taiwan ou dans d’autres pays à forte population chinoise, voici ce que raconte Etienne Dessaut à Singapour.
Sources : Henri MASPERO (1883-1945), Mythologie de la Chine moderne (1928)
26 août 2007
ouh ouh méfions-nous les spectres sont partout

le 15ème jour du 7ème mois sortent sortent les âmes des morts mal aimés alors préparer un bol de riz et de l'encens sur le bord de la fenêtre pour qu'ils ne vous cherchent pas noise
24 août 2007
le mythe du bouvier et de la tisserande
Les histoires de fées qui s’unissent bon gré, mal gré avec un paysan remplissent les folklores d’ici ou d’ailleurs. La Chine compte nombre de légendes où une fée renarde se montre sous ses plus beaux atours et gagne le cœur d’un pauvre terrien. Ces légendes qui ne se terminent que très rarement bien étaient un thème privilégié et récurent de la littérature. Voir la biographie de Dame Ren ou (8 siècles plus tard) la Renarde de Fenzhou par Pu Songling (LEVY, André, trad.), Arles : Picquier, 2005
Contrairement à ces légendes de Renardes et autres revenantes qui quittent leur monde pour vivre avec les terriens, le mythe de la tisserande inclut un festival, le 7ème jour du 7ème mois, encore accompagné de rites à Taiwan et au Japon. La plus ancienne mention de ce mythe remonte à plus de deux mille cinq ans, dans le livre des Odes (Shi Jing)
La tisserande est une fille de l’Empereur Céleste, c’est elle qui tisse de ses doigts de fées les couleurs du ciel et ses variations saisonnières. S’ennuyant devant son métier elle décide de descendre sur terre pour se changer les idées. Avec ses six sœurs elle prend un bain dans un étang à proximité du champ où se trouve le jeune bouvier, orphelin de père et de mère.
Suivant le conseil de son ami le vieux bœuf, il vole les habits de la fée qui ne pourra se rhabiller que si elle accepte le mariage. Ensuite ils vécurent heureux, lui aux champs elle devant le métier à tisser tel un couple typique de paysans.
Avant que l’empereur ne se rende compte de sa disparition, la tisserande a le temps de donner deux enfants à son mari. Quand sous ordre de l’empereur elle est enlevée, le bouvier, qui porte ses deux enfants dans des paniers au bout d’une palanche retrouve sa piste jusqu’au ciel mais l’Impératrice céleste ouvre, d’un coup d’épingle a cheveux une rivière infranchissable entre les deux amants : la voie lacté ou en traduction littérale la rivière argentée.
Chacun se voit remis à sa place, le bouvier sur terre et la fée au ciel. Le rythme des saisons reste malgré tout perturbé
par le désespoir de la tisserande alors l’Empereur est obligé de permettre à la petite famille de se revoir une fois par année, le 7ème jour du 7ème mois. On dit que ce matin là il bruine et que ce sont les larmes douces et amères de la tisserande qui retrouve son mari et ses enfants sur un pont de pies pardessus de la voie lactée.
SI vous regardez le ciel un soir d’été vous verrez deux étoiles brillantes de part et d’autre de la voie lactée, c’est le bouvier (Altaïr de la constellation de l’Aigle) et la tisserande (Véga de la constellation de la Lyre.) Plus simplement vous pouvez regarder une carte du ciel.
Dans les différentes versions du mythes nous retrouvons toujours les deux amants et leurs origines, le bœuf, la palanche et les deux enfants (L’étoile Altaïr a deux petites étoiles à ses côtés.)
Il existe des variantes quant à la rencontre des deux amants certains histoires racontent que la tisserande aurait été émue par le bouvier alors qu’elle était encore au ciel et qu’après leur mariage elle délaissa le tissage et lui les champs. D’autres disent que la tisserande enseigna son art aux femmes du village. On raconte aussi que c’est en se couvrant de la peau du bœuf que le bouvier a pu monter au ciel et retrouver sa princesse. Ce mythe raconte l’agencement du monde, le ciel en haut les humains en bas, il raconte la fin de l’âge d’or quand les bêtes pouvaient parler et que les humains pouvaient grimper jusqu’au ciel.
Je terminerai en faisant le parallèle avec l’histoire d’Orphée qui va chercher Eurydice dans un autre monde, les Enfers. Lui aussi pouvait parler avec les animaux et lui aussi perd son amour dans un espace non humain. Par contre la culture grecque ne lui laissera pas un jour par année pour transgresser les lois de l’agencement animaux-humains-divinités.
Pour terminer mes propres transgressions je note et cela sans vouloir y voir aucun lien possible que l’étoile de la tisserande (Véga) est dans la constellation de la lyre, la lyre d’Orphée qu’Apollon accrocha au ciel, d’autre part que notre constellation du bouvier n’a rien à voir avec l’étoile que les Chinois nomment le bouvier
22 août 2007
une chanson douce
cela me fait plaisir de faire une dédicace, en fait je suis bien content lorsque quelqu'un me propose une chanson. Voici donc "Je n'ai plus de larmes pour pleurer" interprété par Ding Dong. Un chanteur pas vraiment connu ni ici ni ailleurs mais cette chanson marche bien en ce moment.
C'est une chanson pop qui raconte la solitude et que l'amour est beau que l'amour est dur, etc. (paroles en chinois)
Pour écouter et voir l'animation veuillez cliquer sur l'image.
Pour Laetitia
19 août 2007
la fête des amants célestes
Le 7ème jour du 7ème mois l'Empereur Céleste autorise ces deux amants
malheureux à se rencontrer en travesant un pont formé par des pies.
Sur jour-là sur terre c'est la fête des amoureux que je vous souhaite tendre et coloréé.
Vous pouvez lire la légende du bouvier et de la tisserande en cliquant sur le pont d'hirondelles
18 août 2007
Cui Jian et Monsieur Rouge
Mercredi musique retour de vacances. Un nouveau début un éternel recommencement.
L’ère du rock chinois c’est ouvert avec Cui Jian et pour remettre un lion dans mon moteur voici l’une des chansons de son cinquième disque (2005)
Je ne prends pas le temps de présenter Monsieur Rouge, vous le connaissez ou pouvez trouver des millions de pages Internet qui expliquent dans toutes les langues du monde qui il est. Il faut cependant remarquer qu’il est dur de trouver une bonne biographie de lui en français, peut-être viendra-t-elle du Fontainois à Pékin ?
Sur cette page d’Arte il y a une interview de l’artiste et puis voici la chanson et une traduction simple des paroles.
Mr Rouge
Si je pars, si vraiment je pars 
Est-ce que l’amour restera ?
Et si je reste, si je reste toute ma vie
La vie sera-t-elle moins cruelle ?
Où es-tu dans ma vie ?
A quoi bon vouloir rentrer ?
Chercher l’amour c’est pour te trouver
Partir, être vivant, ce n’est pas une fuite
Je vais partir, je vais partir
Partir
Chercher l’amour c’est te trouver
Partir, être vivant, ce n’est pas une fuite
Et je te chante cette chanson
Chaque phrase je les chante pour toi
Le rythme je le garde
Il est mon pouls il est mes pas
Les paroles pour toi la musique pour moi
On ne peut pas les séparer
Si c’est pour l’amour alors la musique ne vaut rien
Si c’est pour la survie alors l’amour ne vaut rien
Je vais partir je vais partir
Partir
(les paroles en chinois)
Encore deux mots, je vous invite à comparer les paroles de cette chanson avec une chanson de son premier album (1986) et puis vous pouvez découvrir un clip de Cui Jian et d’autres artistes chinois sur le site Chinamusic.fr
16 août 2007
shanghai-bangkok
Laetia est venue depuis la Suisse pour passer ses vacances avec nous, faites un tour sur son blog!
http://www.shanghaibangkok.canalblog.com
13 août 2007
entre compartiments
Assis par-terre dans l’entre-compartiment ou sur un siège confortable c’est le même prix, pour avoir le second il faut réserver à l’avance ou avoir la chance qu’il y ait encore de la place mais il ne faut pas compter la-dessus.
En réservant une place vous êtes bien assis, pas serré et les voisins sont affables. C’est beau cette sympathie, née de la promiscuité d’être sur le même bateau mais il faut encore voir qui le hasard nous réserve et comme je ne suis pas joueur, je n’ai pas envie de risquer de devoir supporter de stupides voisins tout le long de la route.
Pour voyager, je préfère encore l’entre–compartiment même si mon billet me donne droit à un fauteil.
Là entre deux wagons je peux m’arranger de ne pas parler et d’envoyer se faire voir ailleurs les gens qui passent et essaient de m’aborder avec des questions qui ne m’amusent pas mais aussi, je peux offrir une cigarette à quelqu’un qui comme moi se tait depuis une heure. Dans l’entre-compartiment quand le train n’est pas plein comme un œuf, les gens ne font que passer. Ils fument une cigarette, discutent un peu et vont se rasseoir.






