26 septembre 2007
Teresa Teng
Difficile de penser à la lune sans s'entendre fredonner la chanson
de Teresa "La lune te dira combien je t'aime"
Ecouter et regarder en cliquant sur sa photo
25 septembre 2007
le 15ème jour du 8ème mois
24 septembre 2007
petits gâteaux de lune et publicité
Avez-vous déjà acheté vos petits gâteaux de lune? Une boîte pour le patron, une boîte pour le propriétaire, une boîte pour vos parents une boîte pour votre ami fortuné, une boîte pour votre ami policier et une boîte pour votre ami commercant en eaux troubles.
Vous n'avez pas encore choisi quel marque acheter? Alors vous pouvez faire votre choix en choisissant dans les publicités ci-dessous.
veille de la fête de la Mi-Automne
23 septembre 2007
fête de la Mi-Automne -2 jours
du monde sur la lune
Les origines de la Fête de la Mi-Automne remontent à l’Antiquité. Il est difficile de savoir si elle était d’abord une fête agricole célébrant la fin des moissons et le Dieu du Sol ou si elle était dès le départ un culte pour la lune, symbole Yin (principe féminin), garante de la pluie, de la fertilité et de la fécondité.
Ce culte aurait d’abord été réservé aux femmes mais nous savons que dès l’empereur Wu Di (157-87 B.C.) des Han, la lune était aussi l’objet de sacrifices royaux. Néanmoins la lune tout comme le soleil n’ont pas été déifiés, même s’ils sont d’engeance divine.
Il y avait 10 soleils, un pour chaque jour de la semaine du calendrier lunaire et douze lunes, une pour chaque mois. En attendant leur tour ils restaient perchés sur un arbre Puis leurs mamans, deux divinités, les plaçaient sur un char, les emmenaient à tour de rôle à travers le ciel puis les lavaient des poussières du voyage pour qu’ils et elles restent resplendissants et soient prêts pour leur prochaine sortie céleste.
Cette légende forme le terreau de la légende la plus connue de la fête de la Mi-Automne, celle de la belle Chang E et de l’herculéen archer Hou Yi.
Leur histoire se raconte de manières différentes mais nous y retrouvons toujours les passages charnières suivants :
1 Hou Yi descend à coup de flèches neuf des dix soleils qui avaient décidé de sortir en même temps provoquant ainsi la pire fournaise que l’homme n’ait jamais pu imaginer sur terre. 
2 Lui et son épouse, Chang E, reçoivent une pilule d’immortalité.
3 Chang E croque la pilule toute seule, devient légère et flotte jusqu’à la lune ou elle se morfond éternellement en compagnie d’un vieil homme, d’un lièvre et d’un crapaud.
Les différentes versions diffèrent notamment sur le mobile de Chang E. Voici 3 différentes variantes.
L’amie du peuple : Après son exploit, Hou Yi devient un despote alcoolique que le peuple déteste. De peur de voir le peuple opprimé pour l’éternité Chang E se sacrifie et avale la pilule toute seule.
La femme vertueuse : Lors d’une absence de son mari Chang E est d’abord courtisé puis brutalisé par un méchant qui veut partager la pilule avec elle pour en faire son éternelle épouse. De nouveau elle se sacrifie.
La femme cupide : La pilule d’immortalité ne pouvait offrir qu’une très longue vie si elle était partagée. Préférant l’immortalité elle la croque seule puis, punie, elle se retrouve transformé en crapaud sur la surface de la lune.
Le crapaud est un animal lunaire, il n’est donc pas étonnant de le voir associer à la belle. Quand les légendes décideront de lui redonner sa morphologie de jeune beauté chinoise, la statuaire la représentera souvent sur un crapaud à trois pattes.
Le lièvre est le deuxième animal associé au disque lunaire et aux légendes de celle qui est devenue déesse de la lune. A noter que, comme le crapaud il est aussi symbole de longue vie et de fécondité. Au côté de la déesse, Ming Ji le lièvre est sans cesse occupé à préparer un remède qui permettrait peut-être à Chang E de retrouver le lit de son mari. Le lièvre joue du pilon et du mortier et personne ne dit qu’il ne se soit jamais arrêté.
A propos du lièvre et de la lune, permettez-moi une petite transgression. Lorsque j’apprenais le chinois notre professeur était vraiment surprise qu’aucun étudiant n’ait vu le lièvre sur la lune. Maintenant je le vois et si vous regardez la photo, vous le verrez aussi.
Le quatrième et dernier personnage habitant sur la lune et lié à la légende de Chang E s’appelle Wu Gang. Ce dernier a fait des bêtises alors qu’il apprenait la magie auprès d’un immortel. Il fut puni à devenir un bûcheron sur la lune. Il n’y a qu’un arbre à couper mais il fait 500 pieds de haut et quand Wu Gang coupe une branche à gauche, une autre repousse à droite !
Au final qu’avons-nous sur la lune ? Un lièvre, solitaire apothicaire qui n’arrête pas de pilonner et dont personne n’a jamais entendu parler du moindre succès, pharmacologique ou autre. Et puis un bûcheron qui coupe des branches en vain, bien que des âmes bien intentionnées prétendent que sans lui les branches de l’arbre auraient recouvert toute la lune et qu’il n’y aurait depuis longtemps plus de clarté lunaire. Un lièvre, un bûcheron et enfin Chang E, une jeune femme qui est belle en vain (sans vouloir faire de sexisme.)
Ces vies absurdes dans l’air glacial du désert de l’astre de la nuit sont toutes reliées à des affaires d’immortalité et de fécondité. Le lièvre qui peut vivre mille ans et dont la fécondité sur terre ne fait aucun doute ; Chang E qui a avalé une herbe d’immortalité et qui en devenant déesse de la lune est aussi une figure de la fertilité et puis Wu Gang apprenti sorcier auprès d’un immortel et qui se voit condamner à éternellement couper un arbre de vie dont les branches, comme les humains meurent et naissent sans fin.
Trois personnages dans des rôles à contre-emploi! Dans une légende le lièvre va même jusqu’à s’imposer physiquement pour empêcher Hou Yi de poursuivre sa femme. On peut faire mieux comme coup de pouce à la fécondité.
Des personnages à contre-sens de ce que l’on était en droit d’attendre d’eux, comme ce serait, il me semble de un contre-sens, de voir une origines taoïste à ces légendes, dans l’état où elles nous ont été transmises.
De fait ces légendes nous plongent dans l’univers taoïste, pilules d’immortalité et vol dans les airs mais elles donnent une couleur glauque à ces pratiques, de plus en considérant qu’une des pratiques taoïste pour obtenir l’immortalité était de s’abstenir de manger des céréales ce serait tout de même fort de tabac de faire de la fête des moissons un évènement taoïste.
Si le but était de vouloir insister sur le fait que l’adepte quitte le monde des humains alors de nombreux textes nous montrent que les légendes taoïstes sont autrement hautes en couleur pour décrire ces voyages.
Oui, le soir de la Mi-Automne la lune est belle et c’est bon de se réchauffer autour d’un petit vin qu’on boit dehors, en famille, entre amis. Bonne épouse, brave disciple et serieux petit lapin.
Mais comme cette fête est triste pour celui qui est seule et qui rêve d’inviter Chang E pour une danse avec les étoiles.
22 septembre 2007
fête de la Mi-Automne -3 jours
Les photos de la lune sont de Denis Joye et vous trouverez plein d'autres astrophotographies fascinantes sur son site
21 septembre 2007
fête de la Mi-Automne -4 jours

A la fête de la Mi-Automne la coutume est de manger des gâteaux de lune. Ils sont rond, en forme de lune. La forme rappelle aussi la réunification de la famille, des amis et ceux qui ne peuvent se retrouver sont mélancoliques en regardant la lune.
"...
Séparés par un millier de lieues,
Nous partageons la même lune brillante."
Ce sont des vers de Xie Zhuang (421-455).
Le poème typique exprimant la mélancolie du pays un soir de pleine lune est de Li Bai (701-762)
"Devant mon lit, rayon de lune
Est-ce du givre sur le sol ?
Je lève la tête, la lune brillante ;
Je baisse la tête mon pays au loin."
Vous trouverez d'autres "poèmes de lune" sur cette page et pour plus de classiques n'hésitez pas à visiter ce site.
Comment fêter la Mi-automne? Croquer des gâteaux de lune même s'ils sont secs et difficile à mastiquer (je n'ai pas encore rencontré un Chinois qui aimait ça mais tout le monde en mange.) Vous pouvez aussi envoyer des cartes de voeux élctroniques mais faites attention; pour les gâteaux, les autorités de Canton ont annoncé que seulement 85% des produits étaient conformes aux normes alimentaires. Pour les cartes, Pékin a fait une mise en garde contre de méchants virus, donc vérifier avant d'envoyer ou d'ouvrir. C'est ce que j'ai fait et vous pouvez regarder en toute tranquilité celle que je vous destine.
Les étudiants apprennent à marcher au pas
Dix heures du matin dans les corridors du jardin d’enfant les petits vont en récréation à la queue leu leu en balbutiant « gauche droite, gauche droite » en anglais.
Arrivés dans la cour ils se mettent maladroitement en rang et commencent des exercices de gymnastique en imitant leur maîtresse au son d’une chanson pour enfant. Je les regarde depuis la fenêtre d’une classe vide, c’est mignon comme tout, les maîtresses sont jolies et il y a des peintures de Mickey et de Dumbo l’éléphant partout.
Les petites têtes dodelinent, ils tournent dans le faux sens, certains tombent sur leurs couches, pleurent. Ceux de devant, souvent des filles, ont des sourires de gymnastes et exécutent leurs mouvements comme une partition de musique classique. Derrière on se pousse on se bouscule et retombe.
Tous les jours à la même heure dans les cours de toutes les écoles, du jardin d’enfant au lycée, sous le même drapeau les élèves chinois s’ébrouent ensemble dans une gymnastique de groupe plus ou moins bien synchronisé. 
Le sérieux de ces exercices dépend de la sévérité du proviseur et aussi du classement, du prestige de l’école, si l’école est classée dans les premières il faut que les exercices de gymnastiques du matin soient aussi d’exécution supérieure.
Les élèves y vont bon gré mal gré et quand c’est fini ces petits soldats redeviennent enfants enjoués, vivants, pluriel sous le même ciel où flotte le drapeau rouge avec cinq étoiles.
Dix heures tous les matins, la même image les accompagne au fur et à mesure qu’ils gravissent les échelons de l’éducation. Quand ils entrent en secondaire, au lycée ou à l’université le drapeau devient de moins en moins anodin, de plus en plus lourd, exigeant. Les enfants doivent passer leur première quinzaine de cours sous un uniforme et sont soumis à tout ce qu’une armée exige de discipline, d’esprit de groupe et de résistance physique.
A l’Université du Lac de l’Est, je les entends dès six heures du matin, ils prendront leur petit-déjeuner à sept et puis retourneront sur le stade, 5400 étudiants en rang d’oignon. L’après-midi est le plus pénible, il fait chaud, le soleil tape partout en Chine.
Après le dîner ils remettent ça jusqu’à huit heures et demi et ce pendant deux semaines..
L’un des 120 militaires chargés de l’instruction des jeunes m’explique que l’entraînement militaire à l’Université est plus important et sérieux que ceux du lycée et de l’école secondaire. Et ce pour deux raisons, d’une part lorsque l’Université est conviée à des compétitions universitaires il faut que les étudiants sachent marcher au pas dans la règle de l’art et puis s’ils ne le faisaient pas bien, alors l’université signerait un contrat avec une autre unité de militaires et mon beau soldat perdrait sa prime.
Sous le drapeau les têtes rougissent, brunissent, les jeunes corps fatigués transpirent, ils sont la fierté, l’avenir de la nation. Ce sont eux qui pendant plus de dix sept ans ont fait tous les jours de la gymnastique dans la cour du drapeau. Ils sont tous patriotes, comme tous leurs compatriotes, prêts à réagir au quart de tour dès que la Chine est à peine écornée dans une conversation.
Cela ne leur vient pas des exercices militaires, il n’y a pas de théorie nationaliste pendant ces entraînements. Il s’agit juste d’apprendre à se tenir droit jusqu’à la récré


























