appart en Chine

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19 mars 2008

jeux tibétains

Quelque part au centre de la Chine un jardin public. Des vieux. Y’en a un qui coiffe son pékinois un autre fait du tai-chi sous un arbre un peu plus loin des relents de musique des années 80. Une femme c’est acheté un yoghourt et passe sur le chemin de dalles multiformes, un homosexuel passe près de moi et me renifle, la femme crache et à la télévision le Premier ministre fait un prêche pour peindre le diable en robe rouge sur la muraille. La plupart des jeunes font du shopping ou s’écrasent le nez contre un écran d’ordinateur. Le Tibet ?
Carton jaune ou carton rouge, peu importe on veut voir notre équipe gagner. Un coup dur par-ci ou par-là mais ce nous qui avons gagné ! Alors ? Vive le sport !Sans_titre_1
Qui se souvient que le Tibet faisait partie de l’empire chinois et qui se souvient que les Tibétains avaient une fois envahi la chine ? Victoire à l’extérieur, revanche et la belle.

Si le Tibet se faisait la belle, dans quelle escarcelle tomberait-il. Le Dalaï Lama est le premier à reconnaître que le Tibet est dans l’espace d’influence chinois et s’il ne l’était pas alors l’Inde serait au premier rang des prétendants. Comment ne pas convoiter une si parfaite frontière naturelle ! De par sa situation et son peu de puissance, le Tibet était une proie et le Tibet a été pris.

Tibet libre
La Bretagne ou la Corse auraient bien plus de potentiel à prétendre à une quelconque  sécession. Elles ont de bonnes infrastructures administratives et économiques pour vivre leur indépendance. Alors pourquoi ne le font-elles pas ? Car malgré des capacités d’autosuffisance, l’indépendance ne serait qu’un leurre au regard de l’air vital et de la protection qui viennent de  Paris. Alors le Tibet…annexé alors qu’il vivait au Moyen âge et qui ne peut se battre qu’avec la Foi dans le ciel et dans des pays lointains, qui seraient assez désintéressés pour faire passer la culture tibétaine avant les contrats de géants.
Le dernier qui y croyait parle de démissionner, les autres jouent le pour le tout, se font tacler, ils vont perdre et en Occident on aura encore plus de cœur à crier : Tibet libre ! Tibet libre !


Tibet mon cœur
Reste la culture. De ce Tibet sinisé que peut-on encore sauver et surtout comment ?
Quel pays oserait ouvrir un Centre Culturel Tibétain à côté d’un Institut Confucius ?

Et puis de quoi rêvons-nous ? D’une réserve naturelle tibétaine ?
Aujourd’hui les Tibétains meurent et nous voulons boycotter le JO de Pékin. Bien que je doute que le Dalaï Lama soit fervent de l’esprit olympique, il s’oppose au boycott. Il est évidemment conscient qu’un repli de la Chine sur elle-même n’amènera rien de bon. Et le Dalaï Lama, au bord de la démission de se demander : ces occidentaux n’ont donc aucune idée ? Rien d’autre que d’étiqueter notre biodiversité, tibétains comme chinois ; quel intérêt de crier Tibet libre et d’investire des missions diplomatiques quand les jeux de Pékins les nourrit ? Combien de ces manifestants portaient des Nike, des Adidas ou tout autre équipement fabriqué en Chine pour le prestige de tout un chacun ?


Jeux de qui ?

Nous sommes pris dans les Jeux de Pékin ou d’ailleurs qui s’ils ne nous dépassent, nous engloutissent pour le moins.
Alors, citoyen occidental que peux-tu faire ?
Pour ceux qui ont le courage de délier les lacets de leurs baskets, ce sera l’autarcie.
Pour ceux qui continueront de porter des « marques », ce sera l’hypocrisie.
Pour ceux qui n’ont en jamais porté : ah! vous existez ?
Il y a bien longtemps qui nous sommes empêtrés dans les compromis nés des intérêts nationalistes et économiques. Tu casses ou tu passes et puis d’ailleurs peu importe ce que tu casses, la loi passera quand même.
Nos politiques avec raison plus intérêts ou avec intérêt et quelques raisons défendables ne porteront jamais la flamme du boycott.
Que peut-on faire alors ? Et si le boycott s’invitait sur notre canapé, devant la télé qui refuserait deretransmettre, au minimum, les images de la cérémonie d’ouverture ?
Qui serait perdant ? La Chine, la télé, (qui s’est déjà mis pas mal de thé au beurre dans les épinards) et le concert des « marques » que nous portons.
Une action symbolique à longue portée et aucune de nos pubs de savon ou de téléphone mobile ne viendrait profiter de la répression des bientôt plus irréductibles.



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18 mars 2008

article de François Hauter dans le Figaro

Entre la Chine et le Tibet, une longue histoire de préjugés et de domination

Depuis plus de deux mille ans, la Chine et le Tibet n'ont jamais pu cohabiter harmonieusement. En règle générale, lorsque le pouvoir central chinois était fort à Xi'an ou à Pékin, le Tibet subissait la domination chinoise. À l'inverse, la Chine, affaiblie, a dû parfois endurer la suzeraineté tibétaine. Aujourd'hui, les cinq millions et demi de Tibétains, éparpillés sur le 1,2 million de km2 de l'immense plateau tibétain, sont colonisés. Pour les Hans (les Chinois), la culture chinoise est supérieure à toutes les autres, ces dernières ne méritant pas le respect, tout au plus la sympathie de l'éducateur. Les jeunes Tibétains, dans les écoles, n'ont aujourd'hui le droit d'apprendre que le chi-nois. Les préjugés chinois à l'endroit des Tibétains remontent au début de la Route de la soie, à l'orée du premier millénaire, lorsque les Tibétains dévalaient de leurs montagnes pour piller les caravanes. Particulièrement sanguinaires (ils ne remontaient jamais chez eux sans emporter en souvenir les têtes coupées des marchands), ces Tibétains furent des siècles durant aux Chinois ce que les Mongols ou les Huns représentèrent plus tard pour les Occidentaux : des demi-hommes, des sauvages malfaisants, des bêtes sanguinaires. L'origine des populations tibétaines demeure confuse, mais remonte certainement au néolithique, lorsque des tribus nomades commencèrent à sillonner ces hauts plateaux. Plus tard, sur ces terres inhospitalières, chefferies et fédérations de tribus s'entr'égorgèrent, jusqu'à la pénétration du bouddhisme au VIIe siècle. Ce début de civilisation amena le roi Namri Songtsen à envoyer deux missions en Chine, en 608 et 609. Ses descendants directs établirent les frontières du Tibet, telles que les trouvèrent les communistes chinois en 1950. Lhassa, la capitale du pays, fut fondée à cette ancienne époque, et en 751, alliés aux Ouïgours et aux Abbassides, les Tibétains infligèrent une défaite cuisante aux Chinois (50 000 de leurs guerriers furent tués, 20 000 autres faits prisonniers) lors de la bataille de Talas. En 763, les Tibétains envahirent Xi'an, la capitale chinoise. Pillage et destruction de monastères À défaut de pacifier le Tibet, le bouddhisme le pénètre en absorbant toutes les traditions locales. La théocratie remplace les chefferies, les lignées religieuses étant soutenues par des clans (cela s'observe encore dans les monastères, où l'égalité entre moines est une utopie). À Lhassa, les factions aux bonnets de toutes les couleurs prennent l'habitude d'aller s'appuyer sur des puissances extérieures pour s'imposer. Les Mongols, à partir du XIIe siècle, considèrent le pays des Neiges comme le leur, et y règnent par procuration. Ils seront remplacés par les Mandchous qui prendront Pékin (la dynastie Qing), alors que les dalaï-lamas deviendront les chefs du pays à partir du XVIIe siècle seulement. L'empereur Qianlong, en 1791, respecte l'autorité morale du dalaï-lama, il se contente de protéger le Tibet. L'affaiblissement de la Chine rend ensuite le «protectorat» chinois virtuel : le Tibet se déclare indépendant en 1913. Mao Zedong fait envahir le «Toit du monde» en octobre 1950, quatre mois après que les troupes de la Corée du Nord eurent attaqué le Sud. À Lhassa, personne n'avait rien vu venir, tant le pays vivait dans une douce autarcie… Le Tibet «libéré» est soudain «partie intégrante de la Chine». Le territoire du plateau est morcelé entre diverses provinces chinoises, la «province autonome du Tibet» et sa capitale Lhassa n'occupant qu'un tiers de ce territoire. Entre 1966 et 1976, la Révolution culturelle amènera au pillage et à la destruction des monas-tères, dont les «bouddhas vivants» sont envoyés dans des fermes pour soigner les cochons. Dans les années 1990, les Chinois construisent un musée à Lhassa : le Tibet, y explique-t-on, a toujours été chinois. Les Tibétains n'ont pas davantage souffert du communisme que les autres Chinois croyants. Mais pour eux, 98 % de la vie quotidienne est régie par les lois du Ciel, et le communisme les a donc particulièrement éprouvés. Dès 1959, ils se révoltent à Lhassa. Des statistiques officielles indiquent que la répression chinoise a fait… 80 000 morts ! Trente ans plus tard, en 1989, l'insurrection reprendra. Le gouverneur du Tibet qui l'a matée s'appelait Hu Jintao. Il est devenu le numéro un chinois. Depuis une décennie, Pékin investit des dizaines de milliards de dollars au Tibet, dans l'espoir de transformer les habitants en capitalistes qui oublieront leurs revendications nationales. Sans succès, à l'évidence. Cinq décennies de conflit 1er octobre 1949 Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine. 1950 Invasion du Tibet. 1956 Premières révoltes de Tibétains. 1959 Les troupes chinoises répriment une rébellion au Tibet, le chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama, s'exile en Inde. 1962 Guerre sino-indienne. 1966 - 1976 Révolution culturelle : tous les monastères sont rasés. 1989 Émeutes à Lhassa, une vingtaine de manifestants sont tués. 2001 Le dalaï-lama est reçu à la Maison-Blanche.

Posté par bbristo à 10:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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