18 juin 2007
la fête du double 5, duanwei jie et zongzi (2)
Demain c'est le cinquième jour du cinquième mois et c'est le fin moment de terminer mon billet qui traite de cette fête et de la fabrication des zongzi, ces gâteaux de riz gluant emballé dans des feuilles de roseau ou de petit palmier.
La tradition la plus spectaculaire de ce jour de fête c’est les courses de bateaux-dragons, bateaux qui ont une forme de dragon. Si de nos jours le festival du double cinq est surtout associé au poète Qu Yuan et à la consomation de Zongzi, l’association du dragon à cette fête a des origines plus anciennes que le poète (3ème av J-C) et ces gâteaux de riz glutineux sur lesquelles je reviendrai. 
D’aucun parle d’une tribue de la Chine antique qui avait pour totem le dragon et qui organisait ces courses rituelles. Une autre origine qui me semble plus pausible sans forcément exclure la première est la relation entre le dragon et l’eau. Les dragons sont les maîtres des mers qui entourent le monde chinois de l’Antiquité et des petits dragons règnent dans les fleuves et les rivières. C’est eux aussi qui décident où il pleut et quand il pleut. Quand pendant les grandes chaleurs les pousses de riz tournaient au jaune seché il fallait des rites pour attirer les faveurs des dragons et recevoir la pluie synonyme de vie. Aujourd’hui les courses de bateaux-dragons ressemblent un peu à la fameuse course qui oppose Oxford et Cambridge, une affaire de gentlemen, mais ce n’était pas le cas à l’époque : les opposants se lancaient des pierres, des branches et tout ce qui pouvaient faire chuter un adversaire était bon. Les hommes à l’eau n’étaient pas repêchés et les noyades étaient considerées comme des sacrifices.
La noyade est encore au centre de l’histoire de Qu Yuan, celui pour qui les Chinois confectionnent des zongzi chaque année pour célebrer « Duanwu Jie. »
Qu Yuan était un lettré qui vivait dans le royaume de Chu, au Sud de la Chine. Dans la tradition chinoise, lettrés et pouvoir étaient étroitement lié. Le pouvoir ne revenait pas aux lettré mais le roi s’entourait d’intellectuels et autres saints hommes pour prendre ses décisions. La littérature de la Chine ancienne regorge d’épisodes et de dialogues entre le roi et le lettré. On en trouve dans les livres de Zhuangzi, Confucius, Mengzi, etc. L’histoire de Qu Yuan se place dans ce cadre.
Le roi de Chu demande conseil à Qu Yuan pour sauver le royaume. Ce dernier donne ses meilleurs conseils mais le roi ne l’écoute pas et même le condamne à l’exil. Quand Qu Yuan revient, le royaume est dévasté. Amer, pour ne pas dire dégoûté ou alors triste à ne plus pouvoir en vivre il se jette dans la rivière Miluo et se noie.
C’est la qu’intervienne les Zongzi. Il existe plusieurs légendes mais elles reprennent toutes l’idée que le peuple qui aimait beaucoup le lettré jetèrent ces gâteaux de riz dans le fleuve en son honneur. Certains racontent que le zongzi sont des offrandes d’autres disent qu’au contraire qu’on les jette aux poissons pour qu’il ne dévore pas le cadavre.
Une légende raconte que les hommes lancaient des boules de riz glutineux qui étaient toutes mangées par le dragon. Alors l’esprit de Qu Yuan sortit de la rivière et demanda que l’on emballe le riz glutineux dans des feuilles de bambou et qu’elles soient attachées avec du fil de cinq couleurs pour faire peur au dragon.
Sources
http://infopedia.nlb.gov.sg/articles/SIP_67_2004-12-27.html
http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/fete-bateaux-dragon_505.html
Et le livre Fêtes et banquets en Chine de William Chan Tat Chuen
Pour faire des zongzi
Il vous faut des feuilles de roseau ou de bambou, il n’est pas interdit d’essayer avec des feuilles de vignes ou autres. Vous devez encore avoir du riz gluant et tout ce qui peut faire une farce. Sur les images les différentes farces sont : purée de haricot rouge, jujube et porc fumé. Des jaunes, des noix, de la viande hachée tout ce qui vous plaît peut servir de farce.
Ni sel ni condiments
Faire tremper le riz gluant cinq heures ou plus.
Laver bien ces feuilles des deux côtés.
Ensuite faites un cornet en forme de joint avec la feuille. Regardez les photos
Remplir d’abord avec le riz
Mettre la farce
Recouvrir de riz et fermer le cornet et l’attacher.
Petit conseil, si vous avez plusieurs farces, emballer les zongzi avec des fils de couleurs différentes.
Bouillir dans une casserole, l'eau recouvre juste les zongzi. Temps de cuisson de trente à quarante minutes, jusqu'à ce qu'ils donnent l'impression d'être mou à l'intérieur.
09 juin 2007
La fête du double cinq (1)
Son nom l’indique, le festival à lieu le cinquième jour du cinquième mois de l’année lunaire. D’origine du Sud de la Chine, il est aussi célébré dans d’autres pays d’Asie, au cinquième jour du cinquième mois de leur calendrier respectif. Le cinquième mois correspond, plus ou moins, au mois de juin et ce n’est pas un hasard si cette fête aussi appelée « duanwu jie, » en référence a la position du soleil, soit proche du solstice d’été.
En terme ésotérique c’est le moment ou le principe Yang est à son apogée. Il inféchira ensuite sa puissance au profit du principe Yin qui après l’équinoxe d’automne prendra le dessus.
Le double cinq marque le début de la période chaude et l’arrivée des épidemies et autres pestilences. Début des chaleurs ou jour le plus chaud du mois c’est selon, la fête du double cinq est associée à des rites de protection contre les poisons reprensentés par cinq animaux maléfiques : le scorpion, le serpent, le lézard, le centipède, le crapaud. L’on faisait des charmes avec la poudre de ces cinq animaux. Le mélange de quatre d’entre eux pouvait guérir du poison du cinquième.
Pour se protéger des maladies, les Chinois faisait macérer de l’armoise, du saule et du jonc odorant pour faire des ablutions afin de se protéger des maladies durant l’année. L’on disait aussi que ce jour-là, l’eau puisé d’un puits lorsque le soleil est au zénith a des vertus magiques. De nos jours ils accrochent encore des tiges d’armoise et de jonc odorant aux portes et aux fenêtres. En raison de sa forme le jonc odorant est aussi appelé « épée d’eau » et cette lame permet de repousser les démons. Une éffigie du Dieu chasseur de démon, Zhong Kui peut aussi être posé sur les portes. 
Les enfants portent autour du cou une petite poche remplie de réalgar, d’hysope, de poudre d’absinth et de camphre pour se protéger ; au poignet ils portent un bracelet fait de fils de cinq couleurs. Les hommes buvaient du vin épicé au réalgar (monosulfure d’arsenic !) Une petite dose suffisait à se prémunir des poisons qui envahissent l’air mais son abus a eu raison de ce petit vin traditionnel.
15 avril 2007
Yu reprend la tâche de son père
Le brave Gun, mis à mort sous ordre de l’Empereur Céleste car il lui avait dérobé la terre magique qui empêche les inondations, est maintenant transformé en poisson. Avant cette transformation, son cadavre était resté trois ans sans se décomposer sur la montagne du Pôle Nord, et puis ses entrailles se sont ouvertes et son fils, Yu le Grand est sorti de son cœur. Le corps de Gun a ensuite roulé le long de la pente, jusqu’à la rivière où il est devenu poisson.
Exit Gun. Les historiens retiendront son échec à nous prémunir des cataclysmes provoqués par le Dieu des Eaux, le terrible Gong Gong.
Yu le Grand tenait beaucoup de son père et ne mit pas longtemps à vouloir continuer la tâche entreprise par ce dernier pour dompter les eaux. Haïssant son aïeul l’Empereur Céleste, Yu ne monta pas au ciel requérir son aide ; il décida d’entreprendre ces travaux gigantesques en ne comptant que sur lui et sur ceux qui viendraient spontanément lui offrir de l’aide.
Yu pensait qu’il ne pourrait rétablir l’ordre dans la Nature sans s’attaquer au terrible Gong Gong. Il trouva des partisans parmi les divinités : le génie des oiseaux, des bois, du vent, celui du temps et beaucoup d’autres se joignèrent à lui.
Il décidèrent de maîtriser d’abord le premier lieutenant de Gong Gong. Grâce à la combinaison de leurs pouvoirs il purent lui tendre un piège et l’enfermer sous une montagne délivrant ainsi le bassin des rivières Huai et Guo de l’inondation. Mais Gong Gong eu vent de l'expédition victorieuse de Yu et il s’enfuit on ne sait où.
C’est le génie du vent qui permit la fuite du Dieu de l’eau. Yu ordonna son exécution et se mit à réfléchir à la manière de sauver l'humanité du déluge sans pouvoir s'attaquer au Dieu dévastateur.
Il décida qu’il fallait d’abord faire des recherches géologiques et hydrologiques. Lui et ses acolytes commencèrent à arpenter le monde dans toutes les directions. Ils le mesurèrent, recherchèrent les sources des fleuves et étudièrent leurs flots. Traversant milles dangers, ils visitèrent des contrées où aucun Chinois n’avait jamais mis les pieds, ils virent des choses extraordinaires et entendirent des histoires encore plus incroyables. Yu allait de pays lointain en pays lointain et son travail n’avançait que très lentement.
Il n'aurait pas encore fini à ce jour s'il n’avait rencontré le sage Fu Xi et Feng Yi, le Dieu du fleuve, qui lui donnèrent des cartes magiques pour comprendre l’univers et ses lois. 
01 avril 2007
Le bon Gun condamné par l'Empereur Céleste
Gun avait volé le coffre de terre proliférante à son grand-père l’Empereur Céleste et grâce à cette précieuse terre, il avait sauvé l’humanité du déluge. Tout allait pour le mieux mais c’était sans compter sur la colère de l’Empereur Céleste ! Quand celui-ci sut que son petit-fils l’avait dérobé, il se mit dans une colère noire et ordonna de voir Gun sur-le-champ. Gun vint au palais et essaya de démontrer sa bonne foi et la nécessité dans laquelle il était de commettre ce délit mineur, il en allait de l’humanité ! Constatant que Gun ne regrettait rien et, qui plus est, lui tenait tête l’empereur des Dieux du ciel et de la terre ordonna sa mort. Ce fut Zhu Rong, le Dieu du feu et fonctionnaire des hautes œuvres, qui excécuta le châtiment, sur le mont Yu dans la région polaire. 
La terre proliférante fut ramenée au palais et les fléaux naturels reprirent de plus belle, le vilain Gong Gong, Dieu des eaux, y mit tout son cœur avec toute une armée de génies dont Zu Zhiqi, féroce géant à tête de gorille qui pouvait se mesurer à neuf éléphants. Le vent, la pluie, la foudre et l’eau qui recommençait à monter ; nous avons de nouveau dû quitter nos foyers, nos cultures pour trouver refuge sur les hauteurs. Nous étions à nouveau frappés par un cataclysme et notre héros était mort. Son souvenir restait si fort ancré dans le cœur des hommes que trois ans après son exécution, son corps ne s’était toujours pas décomposé ! L’empereur commençait d’avoir peur que Gun puisse ressusciter et se venger alors il envoya un génie éventrer la dépouille mais le corps n’était plus là ! Peu de temps avant que le génie n’arrive sur les lieux, le ventre du bon Gun s’était ouvert de lui-même et son fils le petit Yu était sorti de son cœur. Après la naissance de Yu le corps de Gun avait roulé jusqu’au pied de la montagne, jusqu’à la rivière où il était devenu un poisson.
25 mars 2007
Comment Gun vola l'Empereur Céleste
En ce temps là l’Empereur Céleste se foutait bien de nous. Il vivait confortablement dans son palais où tout était fait pour son plaisir. La salle du trône était luxueusement décorée et il y passait son temps de festin en festin avec les plus fins musiciens et les plus belles et gracieuses danseuses pour l’entourer. Il avait des enfants par poignées et ne souvenait que très rarement de leurs noms, il se souciait encore moins de ces petits enfants et nous, les humains, ne valions pas mieux que des fourmis à ces yeux. Il festoyait et sur la terre nous mourions par milliers. Il faut dire qu’en ce temps là la Nature était déréglée c’était une suite de catastrophes naturelles, tempêtes inondations tremblements de terre, même le ciel se fissurait par endroits. Nos sacrifices, nos prières, nos supplications L’Empereur des Dieux ne les entendait même pas et de nos maisons et de nos cultures il ne restait plus rien. Des hommes se réfugiaient sur les arbres et y mourraient de faim d’autres se réfugiaient sur les montagnes et périssaient de froid ou sous les crocs des bêtes sauvages. Les grottes offraient un abri convenable mais elles étaient infectées de serpents venimeux, et de scorpions lorsqu’elles n’étaient pas le repaire d’un dragon maléfique. Tous ces malheurs étaient causés par Gong Gong le malfaisant génie des eaux à la tête d’une armée de monstres tous plus dangereux les uns que les autres. Au ciel personne ne s’émouvait et ils pouvaient laisser libre cours à leurs caprices. Un jour pourtant l’un des petits-fils de l’Empereur Céleste, le grand génie Gun pris l’humanité en pitié et décida d’intervenir auprès de son grand-père. Gun se rendit au palais mais le gardien lui en refusa l’entrée alors il demanda une audience mais ne reçu pas de réponse. Il formula plusieurs requêtes et à chaque fois son grand-père refusait de le voir. Sur la terre la situation devenait de plus en plus catastrophique presque tout était recouvert d’eau, un gigantesque océan de boue! Gun, torturé par le malheur des hommes n’y tint plus et força la porte du palais. Son grand-père était en train de se délecter de fruits d’immortalité en regardant de douces fées danser. L’irruption de Gun le mit hors de lui et il n’écouta pas la fin du récit de son petit-fils que la réponse était déjà non. Gun repartit le cœur lourd. Comment sauver le monde alors que tous les pouvoirs étaient détenus par l’Empereur Céleste ? Celui-ci détenait entre autres trésors la terre proliférante dont une seule poignée pouvait créer des digues sur des centaines de kilomètres et ainsi drainer les eaux et contrôler les crues. Gun alla demander de l’aide au hibou à la vue perçante de jour comme de nuit. Le hibou qui connaissait aussi nos malheurs accepta de survoler le palais et ne mit pas longtemps à repérer la salle où le coffre de terre proliférante était caché.
Restait à le sortir du palais. Le hibou n’était pas assez fort, ce coffre pesait des tonnes alors Gun demanda de l’aide à la tortue céleste qui avait la force de transporter des montagnes. Guidée par le hibou elle sortit bientôt la terre précieuse du palais et Gun en prit une poignée qu’il jeta en disant « étends-toi !» ce qu’elle fit aussitôt en érigeant des digues qui drainèrent les eaux et contrôlèrent les crues. En un tournemain notre monde fut sauvé et les hommes purent descendre des montagnes construire de nouveaux villages et cultiver les champs qui donnèrent de très belles récoltes.






