26 février 2007
entre deux gares
Les fleurs de prunier et de cerisier parfument l’air du petit matin je traverse l’allée pour m’occuper du potager la terre est grasse de rosée et les mauvaises herbes sont faciles à arracher, cela fait je sors de ma poche droite des bandes de raphia pour attacher les plants de tomates aux tuteurs elle va m’appeler de la maison juste mon prénom le petit déjeuner sera prêt je me chante une petite chanson qui ressemble bizarrement à la sonnerie de mon portable. Patatras ! Je tombe de la couchette.
Il est cinq heures et demi du matin la fille qui est chargé de m’accueillir m’a appelé depuis la gare je commence à mettre un peu d’ordre dans mes affaires sors mon nécessaire de toilette et vais me rafraîchire. A mon retour un nouveau SMS elle me demande où je suis. Vu l’heure je ne devrais plus être très loin. Je devrais arriver à six heures. Nous sommes arrêtés entre deux gares et personne ne peut exactement dire où nous sommes, quelques dizaines de kilomètres, pas plus, de la gare où l’on m’attend.
Bruit de wagons je prends mes sacs traverse péniblement le wagon et vais me poster dans l’inter compartiment prêt à sortir. Le train s’arrête de nouveau mon téléphone portable n’a bientôt plus de batterie dernier message je devrais arriver à six heures et demi. Je cherche dans mon sac à bandoulière mais je ne trouve pas ma batterie de rechange. Calme je m’allume une cigarette chercherai plus tard je bois un peu d’eau chaude que j’ai versé dans la bouteille de vin de la veille et regarde par la portière. C’est un nouveau pays je n’y connais personne qu’une voix qui me dit qu’elle est déjà à la gare. 
Je suis déjà passé par-là mais ne me suis jamais arrêté je n’en connais pas plus que ce que je vois de la portière : des collines de théiers des palmiers à peine tropicaux les buffles d’eau dans les rizières des maisons à deux étages terrasse sur le toit où l’on suspend le linge la terre rouge orange un dialecte que je ne comprends pas. J’appuie le front contre la fenêtre et sombre dans mes pensées. Mon sac ! Où est la deuxième batterie ? Je ne la trouve pas. Je voudrais appeler là-bas la petite ville hier après-midi quand j’ai pris le bus avec mes kilos de bagages. L’appartement vidé j’ai dit au revoir sur le palier et me suis engouffré dans un taxi. Les avenues défilent comme des rideaux que je ferme sur mes trois ans dans la petite ville ; les élèves les collègues les amis les patrons les coups ratés les coups réussis les rires les pleurs mes folies les petits déjeuners dans l’appartement le bisou avant d’aller travailler les sourires et salutations aux voisins le bar tabac… J’arrive à la station de bus pour la capitale j’ai déjà mon ticket, le dernier hello moqueur et de ma part la dernière insulte. La dernière rangée de siège est vide, idéal pour la sieste.
Le train repart à vingt à l’heure nous sommes plusieurs entre les portes l’on m’offre une cigarette avec un drôle de regard pour la bouteille d’alcool que je descends au goulot. Quand arriverons-nous? Bientôt. Je refais les poches de mon sac rien à faire je commence à douter d’avoir amener cette satanée batterie. L’homme dans les beaux habits qui discutent avec la femme à côté de moi m’offre une nouvelle cigarette de luxe j’accepte. Un petit ouvrier de quarante ans nous demande d’arrêter de fumer sa mère le visage défait s’appuie sur leurs trois gros sac en plastic bon marché mais assez résistant. Nous arrivons ! Je descends le premier - j’étais devant la portière depuis plus d’une heure - pose mon sac parterre et pose une question toute bête à la chef de wagon du service diurne : Est-ce bien la gare X ? Non !
Quand tout ce qui devait descendre du train est descendu j’hisse mon sac et une fois la portière fermée j’y appuie mon front. Le train repart lentement vers là où je vais, là où je vais faire quoi ? Tout recommencer ? Le train s’arrête de nouveau il est plus de sept heures et avec le retard pris nous sommes relègués et obligés de laisser passer les trains de banlieue un deux trois quatre le train repart. Pour passer le temps je refais mon sac de fond en comble toujours pas de batterie. 
Huit heures vingt j’arrive à destination, enfin sur le bon quai j’y traîne mon sac et m’arrête pour souffler tous les trois pas. Ils reconstruisent la gare un vrai chantier et un labirynth pour enfin trouver la sortie. Après dix minutes je suis enfin devant la porte de sortie noire de monde qui cherche è s’extraire du boyau où un poinconeur vérifie les tickets un pas je pose mon sac un pas je pose mon sac ainsi de suite et finalement la lumière du soleil. Il y a autant de monde dehors pour acceuillir les passagers qu’il y a de voyageurs par chance ma peau blanche sort du lot et j’entends mon prénom.
24 février 2007
fabrication de la soie
Laetitia a ramené de jolies reportages bien illustrés et pas bavards sur la fabrication de la soie, du tofu, des nouilles de riz, des feuilles de riz et de la culture des champignons au Vietnam. Voir et apprendre
22 février 2007
billet couchette
La portière du wagon couchette numéro 8 est gardée par une femme de plus de cinquante ans, uniforme casquette bleu foncé des chemins de fer. Je lui montre mon billet et elle me fait non de la tête. 20 kilos de bagage plus de quatre heures de route derrière moi et la tête du mec un peu fatigué, un peu. 
Comment fais-je pour encore avoir un litre de bière et une clope dans les mains ? Il est onze heures du soir ; le flic sur le quai à qui j’ai montré mon billet place assise me conseille d’aller voir dans le wagon 11, c’est là que se trouve le préposé aux réservations tardives et il devrait pouvoir me trouver une couchette. Je lâche mon sac à côté du flic et courre vers le wagon 11. Le préposé me répond négativement, c’est la période de la Fête du Printemps et le train est bondé. Il me dit que je peux toujours essayer de demander au chef du train ; c’est un jeune homme d’une trentaine d’année qui discute tranquillement sur le quai, sur son épaule il a le badge de chef du train. Il a l’air autant désabusé que je suis fatigué. Il n’insiste pas, puisque je suis étranger, et me fait un petit papier signé pour monter dans le wagon couchette numéro 8. Je lui demande trois fois s’il est sûr de son coup, je lui montre mon gros sac cent mètres plus loin et insiste sur le fait que je ne tiens pas à le porter pour des prunes. Le chef du train est catégorique j’aurai une couchette. Je retourne vers le policier et lui offre une cigarette il accepte en bougonnant.
L’air sévère et l’uniforme des chemins de fer elle me fait non de la tête je pose mes sacs prend une gorgée de bière, respire, et lui montre le papier que m’a fait le chef du train. Elle est un peu étonnée et me dit de m’installer sur la première couchette à droite. Je finis ma bière pose la bouteille quelque part sur le quai et essaie de soulever mes bagages. Je n’en peux plus, un passager me donne un coup de main pour hisser mon gros sac en plastic bon marché et assez résistant. Il fait un mètre de long sur septante centimètres de hauteur. J’en ai acheté six, tous remplis à craquer, cinq sont déjà partis par la poste.
C’est confort mon gros bagage est sous la couchette le sac a bandoulière planqué sous les coussins je me lève pour fumer dans l’inter wagon. Pas de voyageur debout pas de gamins qui pleurent pas de montagne de bagages de toutes les couleurs avec des gens assis dessus pas de toilettes transformées en places debout. Un calme irréel. La cheffe du wagon me dit de fumer un peu moins avec un reproche maternel dans le regard, elle est avec le chef du train qui encaisse l’argent du surplus pour la place couchette.
Le train s’ébranle je n’aurais jamais imaginé avoir une si bonne place. La cheffe du wagon me dit qu’il faut dormir et je n’ai pas l’intention de résister à sa façon de gérer son petit monde.
21 février 2007
mercredi musique Kelly Chen
C'est la chanson d'un feuilleton coréen chantée par Kelly Chen une chanteuse de Hong Kong. Le feuilleton fait un tabac en Chine, la traduction anglaise est "Jewel in the palace". Pour en savoir plus, c'est ici et la.
Pour Kelly Chen vous pouvez voir une émission de la télévision chinoise en langue française! Il y a le clip de la chanson et les sous-titres en français. Pour la version d'animation, cliquez sur la photo.
18 février 2007
bonne annee
Pas d'accent d'aigu pour année, je suis dans un café Internet avec un clavier anglais.
Cliquez sur l'image. BONNE ANNÉE







