appart en Chine

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31 janvier 2016

wuda fait son ciné albert camus fle

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"wuda fait son ciné" concours de courts métrages !

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12 décembre 2015

wuda fait son ciné !

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Concours de courts métrages

  1. Le sujet : « L’Étranger » d’Albert Camus
    L’interprétation du sujet est libre ainsi que le genre de film.
    Il ne s’agit pas forcément d’une adaptation littérale et il est ne s’agit pas de ne mettre en scène qu’un passage du roman : votre œuvre n’est pas un extrait du roman, elle doit être cohérente avec un début, un milieu et une fin.
    Exemple : l’étranger ne tue pas l’Arabe et ils deviennent amis.
  2. Réception des courts métrages : du premier septembre 2015 au 29 février 2016. Voir plus bas pour les modalités d’envoi.
  3. Exigences :

n  La durée du film est de 2 à 10 minutes.

n  Le plagiat est interdit.

n  Votre fichier vidéo est au format MP4.

n  La définition du film est de 720P ou plus.

n  Avec votre fichier vidéo, vous enverrez un résumé et une description du votre film ainsi que les noms des participants (acteurs, cameraman, etc.). Vous expliquerez aussi votre façon d’interpréter le thème (en tout maximum 300 mots). Ce texte sera envoyé sur un document Word (.doc)

n  Si votre film est en chinois, vous réaliserez une piste de sous-titres en chinois ; si votre film est en français, alors vous ferez des sous-titres français.
Le fichier de sous-titres doit être au format SRT.
Nous réaliserons une traduction de vos sous-titres !
Conseil : ne réalisez pas un film trop bavard.

  1. 4.        Comment nous faire parvenir votre œuvre ?

n  Vous pouvez « uploader » votre œuvre (avec le fichier sous-titres et le document Word) sur http://pan.baidu.com/.
ou sur un autre site duquel nous pourrons télécharger vos documents.

n  Cela fait, vous nous envoyez un courriel à wudafaitsoncine@163.com qui contient le mot de passe et tous les renseignements nécessaires pour que nous puissions télécharger votre film et vous préciserez le nom de votre œuvre, la durée du film, vos noms, votre âge et votre profession ou occupation et votre numéro de téléphone.
Après réception de votre courriel, nous vous répondrons rapidement pour confirmation.
Pour plus d’informations relatives au concours, contactez-nous à la même adresse : wudafaitsoncine@163.com

  1. Attention : En participant à ce concours les créateurs autorisent toute utilisation non commerciale de leur film par les organisateurs de « Wuda fait son ciné » sauf indication contraire de la part du réalisateur.
    Le jury

n  A partir du premier mars 2016, un comité de professionnels du cinéma et d’étudiants choisira les10 films qui leur sembleront les meilleurs.

n  Au mois d’avril 2016 ces 10 films seront projetés en public.
Il y aura de nombreux cadeau et le réalisateur du meilleur film recevra un cadeau d’une valeur de 1000 yuans.

  Le blog du concours : http://blog.sina.com.cn/whufilm
 

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16 octobre 2015

Voyage retour-aller


Eté 2015, mes vacances, retour aux sources, recherches d’exotisme, aller vers l’avant, le passé. Pour les raconter j’attendais d’en trouver l’issue. Je ne pouvais mettre sur papier ce mois d’août suisse sans l’analyser à tête reposé et surtout m’en dessaisir pour pouvoir repartir allégrement dans mon quotidien chinois. Pas si simple. Ainsi je ne finis ce texte qu’en octobre.
23 juillet. A l’aéroport, ma petite valise à roulette tarde à apparaître sur le tapis roulant devant les voyageurs du vol suivant. Je m’énerve et mon visage garde le sourire que je m’étais fait au contrôle des passeports.
J’étais dans la file des indigènes ; la Chinoise qui avait partagé ma rangée de sièges dans l’avion a suivi ses compatriotes et les autres qui s’engageaient dans un autre couloir. Tiens, j’approche de la maison. Renversement. Renversant. Je me sens automatiquement privilégié comme ce vieil Algérien qui derrière moi tient son passeport rouge à croix blanche dans la main.
Lors de la descente de l’avion sur Genève je me remplissais les mirettes de ce paysage de petites maisons au milieu d’une multitude de verts et du bleu du ciel. Un bleu comme ma tasse de thé, un bleu tendre aux mains propres, un bleu de vacances assorti à mes lunettes de soleil. Sur la passerelle j’en respirai l’air, celui d’Heidi à la montagne, j’en pris de longues gorgées avant d’entrer dans l’entrepôt où l’on trie les gens. Lorsque ce fut mon tour de passer  la ligne jaune et de me tenir bien droit devant le guichet, le jeune homme en uniforme de toile dure quitte sa chaise pour un mot avec son collègue de la cabine d’à côté. Mon visage reste calme.
Quand il revient il regarde, impassible, mon passeport rouge comme une Ferrari. Il va dire quelque chose : mon passeport n’est pas signé. Pas valable !

Ah l’exactitude, l’administration. Il faut donc encore une signature à l’encre à côté de celle de la puce biométrique. Je veux poliment m’exécuter mais il me maugère de faire cela chez moi et me renvoie à la maison comme un enfant qui n’aurait pas fait ses devoirs.
J’ai passé la première porte. Dans les couloirs suivants je cherche les toilettes et pourquoi pas un coin fumeur. On me montre la sortie, la montagne du Salève derrière une baie vitrée qui ternit le ciel. J’attendrai.
Mon petit bagage à roulette apparaît enfin à la sortie du virage du tapis roulant. Ca y est, les cigarettes, quelques effets et des présents retournent en ma possession. Deuxième embûche passée. Une dizaine de mètres me séparent maintenant de l’extérieure. De Genève, de souvenirs à la pelle, de cette ville de liberté, ou pour le moins de cet air de liberté. Mariée en croissant de lune avec un lac qui - malgré les banques qui squattent ses rives -non content d’interdire sa traversée routière trop vulgaire, s’ingénue à continuer sa route pour glisser sa discrète fierté suisse par la forêt qui entoure la ville et suivre sa route vers toutes les eaux du monde en laissant ce Jura naissant vers lequel je me dirigerai, vers Hansel et Gretel, vers la famille du Petit Poucet, ces forêts où la belle n’eut jamais de cheveux assez longs pour pouvoir quitter sa tour.

Entre la ville de Rousseau et moi il n’y a plus qu’une porte vitrée qui s’ouvre automatiquement et me laisse, ahuri, à l’air libre. Le comité d’accueil n’est pas là. Peu savent que je reviens en Suisse et de ceux-là aucun ne sait par quel avion. Je suis donc seul sur ce parking d’aéroport en plein chantier. Seul, des envies et de la liberté plein les poumons que j’enfume aussitôt pour prendre la mesure de mon moment historique : après 15 ans d’absence je pourrai refaire mes routes retrouver mes gens d’ici.


Un mois plus tard, je prépare ma valise dans le plus grand désordre. Sacs en plastique éparpillés sur un lit.  Il s’agit de retourner en Chine. Je refais le compte des cadeaux, du parfum, des couteaux suisses, du cenovis et du maggi, des livres, des chaussons, un biberon, une lolette et du lait en poudre pour bébé, des cosmétiques, du chocolat, un tube de parfait qui sera confisqué à la douane. Je recommence l’inventaire. J’ai toujours l’impression qu’il me manque quelque chose que je cherche désespérément au fond de mon sac avant de le vider et de recommencer. Le stresse et bientôt la panique me prennent. Où est mon passeport, mon billet d’avion ? Je n’aurai jamais assez de place dans un seul sac et l’heure avance. Dans  l’appartement je trouve un vieux sac Ikea en plastique bleu ciel qui me serre de fourretout et où je trouve encore la place de glisser quelques rouleaux de papier toilettes à petites fleurs suisses. Je pars en catastrophe à la gare de Cointrin.
Partagé entre l’envie et la peur de rater mon avion, je suis dans un état d’excitation proche de la démence quand j’arrive près de deux heures avant le départ de mon vol devant le parking en chantier de l’aéroport.
J’ai largement le temps de partir à la recherche de canettes de bière. Dans les sous-sols de l’aérogare il y a un magasin dont les prix sont honnête et me revoilà au parking avec un litre de bière que je déguste gentiment prêt à me glisser dans des rêveries, me refaire le film de ces paysages et rencontres qui me sont si chers et que je m’apprête à quitter. Je souris béatement à ces souvenirs avec mon deuxième demi-litre à la main et quand j’allume ma cigarette le regard que je jette à mon nouvelle swatch m’hérisse les poils ; L’avion part dans quarante minutes et je n’ai encore fait aucune formalité douanière.
Passons le stresse, le tube de parfait de trop dans mon bagage accompagné, le parcours de haies et le regard réprobateur des hôtesses de mon vol Aeroflot. Je m’écroule dans mon siège et m’endors rapidement dans ces petites choses que j’essayais de retenir devant l’aéroport.

Il est 1 heure du matin. L’avion a atterrit à Shanghai à minuit dans la chaleur moite et après les gestes brusques de l’homme en uniforme de toile dure, j’ai trouvé une navette qui me mène à la gare du train rapide qui file en 5 heures de temps vers ma ville, au centre de la Chine, Wuhan.

Le lendemain je descends la petite route ombragé entre les arbres qui mène vers le lac de l’Est qui sieste sous la lumière de l’été. Au bord de l’eau une série de maisons colorées qui font penser à un village méditerranéen avant l’arrivée des touristes. Je retrouve mes rues, mon marché, le visage des gens qui me saluent. Le policier anglophile m’offre une cigarette. Je m’arrête au kiosque pour acheter une bière trop douce et je m’enivre au propre comme au figuré dans un sentiment de plénitude en me promenant dans cette atmosphère bruyante au milieu des voitures qui klaxonnent sur la route cabossée qui sépare les maisons du lac. L’odeur âcre des restaurants sichuanais se mêle à la fumée des grillades du Xinjiang. Des enfants courent. C’est un quartier populaire. Dans les petites rues sombres et humides derrière la première rangée de maison, des hommes harassés, des matrones à la voix à réveiller les morts et de jeunes femmes à la tenue aussi légère que leur silhouette.

Je n’ai pas l’impression d’avoir laissé la Suisse pour autant, elle est là, juste à côté. Tout va bien. Pour peu je n’ai pas l’impression d’avoir voyagé dans l’espace mais dans le temps. Pas un rêve. Autant ces deux pays sont proches dans mon cerveau autant ils semblent l’être dans la réalité. Ainsi je ne ressens aucune tristesse et j’ai toujours de la peine à m’expliquer mon état avant de m’envoler de Genève - j’aurais pu y rester une semaine de plus mais je voulais revenir à temps pour la fête des amoureux chinois et puis préparer calmement ma rentrée à l’Université.

Les jours qui suivirent ne me virent point travailler. Je profitais de mes souvenirs et essayais d’imaginer comment les mettre sur papier. La première semaine puis la deuxième s’écoulèrent sans que je ne fisse rien de ce que j’avais planifié. Ni préparation de classe ni correspondance ou autre travail d’écriture. Souffrant de procrastination chronique ce n’est déjà pas facile pour moi mais là il y avait autre chose et je ne peux pas dire que c’était désagréable, seulement agaçant de devoir chaque soir refaire un plan dont j’étais chaque fois un peu plus sûr que je ne le suivrais pas.

J’essayais de comprendre mon état. C’était évident que je n’avais pas l’ennui de la Suisse et n’éprouvais encore moins de contrariétés de l’avoir laissée entre Alpes et Jura.
Elle s’est montrée, en vacances, extrêmement séduisante mais n’a pas réussi, sous sa surface lisse, à me cacher la dureté de sa vie. Si je n’ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais j’ai cependant réussi pendant un mois à ne pas tomber dans les embûches qui m’en avaient tenu éloigné pendant tant d’années. Rien de plus facile ; j’étais accueilli chaleureusement (en surface tout au moins) partout où je passais et même je peux dire où je m’invitais puisqu’il fallait bien que je m’annonce.
Chaque foyer avait préparé avec le bon vin un beau morceau de gruyère AOC. J’avais assez d’argent pour me promener avec une bière et une cigarette et quand j’étais sur une terrasse de café on ne me laissait jamais payer.
Voyage et retour réussis mais je restais dans une torpeur dont je ne pouvais sortir et qui ne ressemblait pas au trouble d’humeur dont je souffre de temps en temps comme tout le monde. Je n’étais pas en dépression, au contraire c’est comme si je flottais dans un contentement onirique.
Je commençais par comprendre que ce qui me mettait dans cet état n’était pas le fait d’avoir visité mon pays d’origine ni les belles retrouvailles que j’y fis mais simplement un blues de retour de vacances, que je les aie eut passées aux Seychelles ou à Bümplitz trois kilomètres derrière la lune, je ne voulais pas retrouver mon quotidien de travailleur, d’homme qui doit gagner sa vie.

Alors que j’allais me tirer à si bon compte en apatride pur et dur et en fataliste vis-à-vis de tout ce qui peut séparer les êtres, mes rêves me rattrapèrent les nuits de la troisième semaine suivant mon retour et me firent voir que ma mélancolie ne découlait pas que d’une douceur sentimentale et matérielle perdue.
Je fis plusieurs fois des songes similaires. C’était ma sœur, ou un ami ou le père d’un ami qui me demandait d’aller voir la maison, ou qui m’y donnait rendez-vous. Chaque fois que j’essayais d’aller voir cette maison, que j’essayais de percevoir cette maison, elle s’estompait ou se transformait, une fois en cabane de forain, une autre fois en carton de chaussures !
La maison d’Hansel, celle du petit poucet, la tour de Rapunzel. La maison de mon enfance que je ne suis pas allé voir depuis que la famille l’a vendue ?

Non, cette maison qui m’échappait, n’a jamais existé et ce toit et ces murs édulcorés que je voyais en rêve n’était qu’un pauvre reflet de celle vers laquelle mes quêtes où mes déceptions d’enfant m’entraînaient !
Pendant un mois en Suisse j’ai retrouvé ces chemins chimériques qui ne m’ont jamais emmené ailleurs qu’ailleurs !  C’est le sentier moussu dans la forêt entre la brume et l’or du soleil plus que le repos dans  la clairière qui enchante. En pleine géographie sentimentale j’ai retrouvé, sans m’en rendre compte, le charme et la fantaisie d’une liberté de mouvements et de vues, un parcours qui s’offrait à moi sans que je doive réfléchir au but, cette demeure opalescente à l’horizon.

Voilà ce qui me troublait maintenant que je me retrouvais loin du pays des contes de fées, de retour dans ma maison de sel. Je redescendis sur terre et retrouvai l’écriture.

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10 avril 2012

10-11-12

Le minibus de luxe file sur les ponts de l’autoroute qui traverse les montagnes de l’ouest de notre province, le Hubei. Temps maussade, début d’automne. Hier nous étions au barrage de trois gorges et ce soir nous arriverons dans la ville d’Enshi, coincée entre les montagnes, elle protège jalousement sa partie de culture Tu Jia, l’une des 56 ethnies de Chine selon le gouvernement. Assise à côté de moi, ma femme, derrière nous un enfant indiscipliné par son père grande gueule, le mari de l’une de mes collègues. Les autres sont aussi là, le département de français en sortie de boîte. Par-dessus l’épaule de ma femme, il y a mon patron, quelques conversations avec lui. 2011, année des petits voyages. En février, nous avions fui, ou plutôt j’avais enlevé ma femme vers le bord de mer, au sud, dans la province du Guangxi, loin de la famille qui passe les deux semaines de la fête du printemps dans un appartement sombre, humide et froid, à Chibi où les journées passent en alternant télé brasero, repas brasero et majong brasero, à la maison avec des invités ou chez des invités qui nous ouvrent la porte pour que nous puissions poser les cadeaux avant d’offrir les enveloppes rouges aux enfants ou au futur mariés ou aux nouveaux étudiants, etc. Ces cadeaux font partie des fêtes ; l’on donne et l’on reçoit. Exemple : ma femme offre 100 yuans à son neveu dont les parents quand ils viendront chez nous, offrirons une cartouche de cigarettes à 100 yuans, bon ils ont deux enfants alors il y a une enveloppe rouge en plus et avec les cigarettes une bouteille de vin. Nous n’avions pas fui les cadeaux à offrir mais le mauvais temps et puis les journées cuisine, le ménage pour elle et l’ennui pour moi. Lors de ces vacances volées elle m’a quelques fois fait payer la déception de ses enfants et de sa petite fille du côté de la plaine de Chibi, là où a eu lieu la bataille. Cependant les fruits de mer, les papayes, le dépaysement ont réussi à ensommeiller sa fibre maternelle. Notre premier voyage pour amoureux, mon premier voyage touristique chinois ! Je suis revenu en pleine forme au Hubei et le semestre c’est bien passé, j’ai renouvelé mon contrat et le semestre d’été commença avec ce voyage en minibus en compagnie des autres profs. Depuis 3 ans dans la boîte, c’est la première fois que l’on m’invite à ce genre d’activité entre collègues et qui plus est avec Rouge. Elle ne voulait pas venir, il a fallut la convaincre « s’ils t’ont invitée c’est parce qu’ils ont envie de te voir, si tu ne viens pas, tu nous fais perdre la face » et elle « mais je n’ai rien à faire avec des profs, je ne suis pas assez cultivée, etc. » La discussion a duré jusqu’au matin du départ et nous sommes arrivés en retard, presque les dernier au rendez-vous, 5 minutes avant la famille avec le gamin. Ce voyage représente pour moi un très beau souvenir, les paysages et le plaisir, la découverte des Tu Jia et la satisfaction d’être avec des collègues que je ne vois pour ainsi dire pas pendant les périodes de cours. Et puis je suis gentiment sorti de la cachette chaude que m’offre le siège à côté de Rouge pour discuter avec mon doyen. Il a apprécié mon plan de cours d’introduction à l’anthropologie et j’ai pu profiter de ses conseils. La nouvelle année académique commençait bien. Je pouvais profiter des expériences de l’année précédente et de ma préparation estivale (lecture d’Herskovitz) et aussi de l’absence des classes de premières dont le premier mois universitaire est consacré aux exercices paramilitaires. En ce début de semestre j’avais encore un ou deux jours sans cours par semaine et j’ai pu préparer au dernier moment un cours imprévu sur l’histoire de la Suisse au sein de l’Europe. J’ai travaillé sur les Celtes, les Helvètes, Tell, les Habsbourg (harcelés par les cantons primitifs !) et parallèlement : les Gaules, César, les Germains jusqu’à Charlemagne et le début du Saint Empire Germanique. Rome et la christianisation de l’Europe occupèrent ma semaine de vacances en automne et je ne pus comme désiré monter à Pékin pour rencontrer le professeur Billeter. Suite à la demande de mon département de contacter des professeurs suisses pour les inviter j’avais pensé au professeur Jean François Billeter pour son travail sur le Zhuang Zi et la possibilité d’une discussion sur les différentes possibilités d’approche des textes de se philosophe. Cette perspective ne semblait pas vraiment séduisante à mes dirigeants mais ils ont montré beaucoup d’intérêt pour le travail d’interprète du professeur genevois pendant la visite de l’ancien président chinois en Chine, Jiang Zemin. J’ai donc commencé à écrire à ce professeur dont j’avais pu suivre quelques cours avant sa retraite académique. Pas assez pour qu’il remette un visage sur la personne qui l’invitait à venir faire une intervention à l’Université de Wuhan mais dans ses lettres conviviales et ouvertes il imaginait la possibilité d’une visite en février 2011, malheureusement il s’est cassé un bras et a dû reporter son voyage en Chine à l’automne sans trouver de temps pour « une causerie » avec les étudiants de notre Université. Je crois néanmoins que cette correspondance aura été bénéfique pour notre département. Au début je ne connaissais pas l’importance accordé à la pensée de François Julien par le doyen de notre département. Je ne sais, compte tenu de la polémique Julien / Billeter s’il n’avait pris ma proposition d’inviter le professeur genevois pour de la provocation. Cette controverse, je n’en étais pour ainsi dire pas au courant, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu d’articles de sinologie. Mon intérêt se portait sur le Zhuang Zi de Billeter. J’ai prêté ce livre à notre doyen et je crois qu’il se trouvera dans la bibliographie d’une doctorante faisant un travail sur Julien. Ainsi, l’éventualité d’une visite de Billeter a permis de le faire connaître dans notre département et sans doute de prendre des distances face à une position trop pro-Julien. De plus la presque réussite de la visite d’un professeur de plus en plus apprécié dans notre département a sans doute influencé sur ma deuxième mission, qui était de contacter les professeurs Zufferey et Borgeaud. A ce moment-là c’est déjà l’avalanche de classes. Après les vacances d’automne passées sur le balcon à potasser le christianisme entre Jérusalem et la Rome de Constantin, je n’ai plus eu de jour sans cours. Quand on aime on ne compte pas. Je participe encore à des conférences et prépare deux interventions, l’une dans le cadre d’une rencontre entre professeurs de français de toute la Chine et l’autre pour un lieu touristique, Chibi, où se serait déroulée une bataille célèbre du roman Les trois royaumes. Chibi, cette ville, à 200 kilomètres au sud du Wuhan, mes amis la connaissent bien puisque c’est de là que vient me femme et c’est là que nous avons acheté l’appartement sombre et froid où elle se les gèle, fait la cuisine et le ménage pour les enfants alors que moi je suis de retour à Wuhan pour écrire ce texte et préparer les classes de 2012 qui commencent dans une semaine. Aujourd’hui c’est YuanXiao jie, la fête qui clôture les festivités de la fête du printemps. Je la passe seul avec l’air conditionné, les chats, l’écran et quelques errements paresseux pour retrouver des forces et pouvoir affronter dans les meilleures conditions possibles le prochain semestre où nous espérons la visite du professeur Borgeaud pour un séminaire sur l’histoire des religions. Notre vice-doyen l’a rencontré à Genève et grâce au professeur Zufferey et au centre Confucius de Genève, la visite de mon professeur est du domaine du possible. Ce texte aurait dû se finir en février et c’est déjà mi-avril. Ma femme est de nouveau à Chibi. C’était la fête de Qing Ming, dédiée aux visites des tombes. Je n’ai pu aller me recueillir sur la tombe de son père, manque de temps. Sa tombe est à la campagne, là où Rouge est née, pas loin de la ville de Chibi. Un hameau au milieu d’une plaine de rizières. Il n’y reste plus beaucoup de maisons traditionnelles, toit de chaume et briques rouges, mais le rythme de vie n’a pas dû beaucoup changé. La mère habite dans la maison du frère, un bâtiment de deux étages en béton sans aucun charme, peu importe. J’adore cet endroit pour la nature tout autour, la rivière, les étangs, les buffles, les orangers et les enfants qui se jettent dans mes bras avec des rires plein de gaité. J’y passe la plupart du temps assis dans la cour avec un livre que je lis à peine. Retour à la réalité, je finis ce texte dans un appartement dont l’aménagement est à peine terminé. Nous avons dû quitter celui avec le grand balcon où j’étudiais l’histoire l’année passée et un coup du sort a voulu que dûmes déménager deux fois au mois de mars. Celui-ci est pas mal, je crois que je vais m’y sentir bien et quand la semaine passée j’ai perdu les donnés de deux des disques durs de mon ordinateurs, je ne me suis même pas énervé. Le vice-doyen attend des nouvelles de l’Université de Genève, le fils de Rouge devrait se marier et il faudra penser à acheter une voiture, j’essaie de diriger une courte adaptation théâtrale du roman du Rêve dans le pavillon rouge et la chatte va bientôt ravoir des petits.

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10 novembre 2009

Sangsue

Ce site est censuré en Chine, je ne peux donc l'ouvrir pour apprécier les effets de couleurs, de présentation, voir d'orthographe, afin d'en faire un site de la qualité que je désire.
Qu'à cela ne tienne, je vous donne rendez-vous sur chine3xchine.canalblog.com
Que des images polies (du verbe polir).

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