appart en Chine

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27 octobre 2006

images et musique

Sur cette page, peut-être faut-il cliquer plusieurs fois ou copier coller. SVP faites moi savoir si vous avez pu voir et entendre
http://download.xinhuanet.com/zonghe/audio/flash/2004/7/071401.swf

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Prof étranger à Puyang

Petit matin, le soleil n’as pas encore fait son trou les fenêtres de l’appartement sont noires luisantes la rue silencieuse. Agréable ce silence, ce n’est pas pour autant une condition pour mon écriture. J’aime au contraire réfléchir au milieu de l’agitation, du bruit. Cela crée une atmosphère favorable à ma concentration. Si je suis seul, que personne ne regarde la télé, alors je me passe de la musique que je n’écoute pas vraiment et quand enfin je me rends compte que le CD est fini, j’en mets un autre. Depuis quelques jours le bruit de la rue est tel que, chez moi au sixième étage, je ne peux plus écouter de musique. Les petits vendeurs et autres petits artisans sont de retour sur le trottoir et ils passent en boucle leur publicité sur des mégaphones. Cela n’est rien pas plus que les camions qui quand ils passent la marche arrière déclenchent automatiquement une bande sonore avertissant qu’un camion est en train de reculer, ni les voix des gens qui rient, s’engueulent, les enfants, les voitures de police et les klaxons des taxis.
Le quotidien sonore de ma rue est maintenant dominé par la musique pop du supermarché qui vient d’ouvrir ses portes. C’est cela qui m’empêche d’écouter de la musique chez moi. Le volume de leur haut-parleur étant déjà plus fort que celui que je souhaiterais dans mon appartement. Hier soir je suis allé leur faire la remarque. J’imagine qu’aujourd’hui ils recommenceront, qui sait jusqu'à quand ? Dans notre ville champignon, bâtie au milieu des champs à la suite de la découverte de pétrole il y a vingt ans, un nouveau supermarché s’ouvre chaque mois. Moderne, hygiénique, ils sont les seuls endroits où nous pouvons acheter du poisson pendant les campagnes « ville propre ». Poisson congelé.
La brume monte de la terre limoneuse le ciel hésite entre le gris ou un orange timide. Les enfants avalent leur petit-déjeuner après s’être brossés les dents. Aujourd’hui je n’ai pas de cours. Bien.

Je suis arrivé à Puyang en été 2003. Un contrat d’un mois et je suis toujours là. J’y avais été invité ainsi qu’une dizaine d’autres étrangers par Monsieur Yun, un homme d’affaire qui après avoir fait fortune dans l’informatique s’était lancé dans le business de l’éducation. Une vraie manne, les parents sont prêts à tout donner pour que leurs bouts de chou puissent un jour rentrer à l’Université et ensuite assurer leurs vieux jours. Le problème pour Monsieur Yun, c’était son caractère de bon vivant, sa fierté d’inviter « ses » étrangers dans les meilleurs restaurants de la ville et aussi l’orgueil qu’il avait à nous présenter sa maîtresse. Le premier jour que je l’ai vu je ne pus croire que cet homme était à la tête d’un projet impliquant autant de profs étrangers grassement payés – le projet a d’ailleurs capoté, trop ambitieux. Il était arrivé en retard au restaurant, tout sourire bien en chair le visage luisant des yeux agiles derrière des lunettes légères. Et surtout sa barbichette, cinq centimètres de poils gris lui pendaient du milieu du menton.
J’aimais bien parler avec lui. Nous sommes tous les deux né en 1966. Monsieur Yun aimait expliquer que sa barbichette était une preuve de son honnêteté. Il expliquait que ce signe distinctif, faisait de lui le patron à la barbichette et qu’étant aisément reconnaissable, il ne pouvait se permettre d’avoir mauvaise réputation. Où est-il maintenant ? Sa femme a exigé le divorce, ses affaires sont tombées si bas qu’il est parti avec l’argent des élèves qui ont trouvé l’école porte close.
copyright_Xu_Yong
Moi je suis resté. Au début ce n’était pas facile. Quand je travaillais pour Monsieur Yun, j’avais un très bon salaire et n’était pas intéressé à me créer d’autres contacts professionnels. Je travaillais tous les jours dans une école primaire et rentrais à la maison aussi tôt que possible. Les lois ayant changées je n’ai plus été autorisé à travailler dans les écoles publiques et j’ai dû commencer à accepter des invitations à dîner afin de connaître plus de monde. Début 2005 je suis devenu professeur de jardin d’enfant, entre autre ! En deux ans j’aurai enseigné plus de cent classes différentes. Depuis cet été j’ai ouvert mes propres classes et ça marche plutôt bien. Je peux le faire car au gré de mes démarches j’ai trouvé les personnes qui peuvent m’aider en cas de campagne « Puyang ville propre sans étrangers illégaux ! »
J’en connais deux ou trois autres. Aucun de nous n’a de permis de travail, aucun de nous n’a étudié la pédagogie. L’un de nous n’a même appris à écrire qu’à l’âge de trente ans, l’autre n’a plus qu’une dent et moi ma langue maternelle est le français. Comme quoi la demande est forte et puis les gens qui bossent dans le pétrole sont riches - ce qui crée des différences énormes entre les élèves et les écoles. Revenons aux professeurs étrangers. Etre natif d’un pays anglophone, Nigeria par exemple, suffit pour être embauché. Je pense que beaucoup de vocations sont ainsi nées. Car le métier est difficile particulièrement avec les jeunes et en ce qui me concerne je ne supporte pas de quitter une classe sans avoir le sentiment d’avoir tout donné et que les élèves en sont conscients. C’est notre honnêteté qui est juge de notre travail et de l’apport que nous fournissons aux élèves. Imaginez le travail quand ils sont 60 dans une classe et que trente pour cent d’entre eux ne s’intéressent pas, mais pas du tout à l’anglais ! A la fin des cours, quelques fois sept classes par jour (7 x 60 !) Je suis comme une enveloppe vide. Je me réfugie à une terrasse pour boire une bière. Non pas avec des amis. Seul le regard hagard. Je me vois encore moins attablé avec des occidentaux à écouter les mêmes rengaines : les Chinois ci les Chinois ça. Je ne parle que très peu avec mes collègues d’outre-mer. Ils sont aussi bien occupés, deux sont mariés et ont eu un bébé cette année, de plus nous sommes loin de nous entraider. C’est plutôt le contraire. Qui gagne le plus ? Qui est le meilleur ? Le plus beau ? Qui piquera une classe à l’autre ? Expats panier de crabes !


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24 octobre 2006

Vivement 2008

Qu’on en finisse enfin avec ces sempiternelles images d’athlètes chinois remportant des médailles olympiques laflammeenbriquetémouvantes aux larmes avec en surimpression le logo des jeux de 2008 ! D’aussi longtemps que je m’en souvienne ces images d’un chauvinisme presque naïf, comme la peinture, inondent les ondes. Pékin 2008 ! Pékin 2008 ! Nous sommes les meilleurs. C’est peut-être vrai mais de toutes façons, ce n’est pas là que se situe le message. Ces athlètes dont on nous tarabuste sans cesse les mêmes exploits sont les héros de la propagande pour une Chine forte, nationaliste et surtout unie derrière Pékin.
Je me souviens de ce soir de juillet 2001 où toute la Chine s’est levée les bras en l’air et la larme à l’œil. Enfin une reconnaissance internationale et médiatique qui devrait mettre un terme à plus d’un siècle de sentiment d’humiliation vis à vis des puissances de l’Ouest et du Japon. J’aurais aimé qu’on en reste sur un sentiment d’appartenance et de reconnaissance internationale. Utopiste va !
Si le sentiment d’inégalité face aux occidentaux est mis en sourdine, la haine contre le Japonais est de bon ton. Il serait antipatriotique de vouloir relativiser les faits et de prendre un peu de distance. La télé diffuse aussi, sans s’essouffler, films et téléfilms montrant la cruauté des uns et la bravoure, l’intelligence des autres. A la décharge de mes concitoyens, que j’aime et donc me permet certaines critiques, la position du Japon moderne est réellement négationniste. On ne veut déranger les ancêtres. Juste quelques lignes dans les manuels d’histoire scolaire, chiffres estompés, le Premier ministre peut se rendre en paix chaque année dans un mausolée d’anciens criminels de guerre, les femmes chinoises et coréenne pour le « confort » des soldats n’ont jamais existées. Il est intéressant de faire le parallèle entre la situation des deux grands perdants de 1945 et la façon dont ils ont géré et gèrent l’après-guerre. La plupart des chinois, je ne parle pas des intellectuels, n’en sont pas encore au point de pouvoir comparer, relativiser. Leur passé c’est de l’émotion pure. En parler, en d’autres termes que nationaliste, c’est les blesser. Ceci dit le Japon a un nouveau Premier ministre qui n’ira certainement pas se recueillir au mausolée du temple de Yasukuni et qui surtout a fait le voyage de Pékin dans la première semaine suivant son élection. Espoir. La Chine est le principale partenaire économique du Japon et vice versa…
Mais revenons aux jeux, belle victoire, éliminer d’un coup la France, le Japon, le Canada et la Turquie ! Le logo des jeux a tout recouvert, des maisons aux souliers, des cahiers d’écoles aux musées nationaux. A Pékin, devant le musée de la révolution il y a un petit monument décomptant le nombre de jour avant la cérémonie d’ouverture. Ce monument a été inauguré 1417 jours avant les débuts des jeux !monument_du_d_compte_des_jours
Ce logo c’est la fierté d’être chinois, un drapeau politiquement et sportivement, bien sûr, correct. Une icône. Maintenant ce sont les mascottes et ces petits animaux, de part leur candeur, passent un peu mieux. Le lendemain de leurs présentations elles étaient déjà dans les classes de jardin d’enfants !
A la télé, le « on a gagné, on a gagné » dure depuis cinq ans et (mais comment font-ils ?) a toujours du souffle, nous ne sommes pas très loin des images de propagande de la Chine maoïste. L’effet de la couleur, la musique, le côté clip vidéo en plus.
En faisant quelques recherches je suis étonné du nombre de sites prônant le boycott des jeux. Je ne suis pas de ceux-là et j’aimerais bien aussi que les Chinois ne voient pas de critiques politiques dans ce que je dis. Je suis content que la Chine ait gagné les jeux et je suis content d’y vivre. Je ne regarde pas trop la télé c’est tout. Je ne critique pas non plus le but recherché par cette propagande, c’est à dire une Chine forte et surtout unie, derrière un président en jogging. Les grandes puissances occidentales n’usent-elles pas des mêmes ficelles ? Pour qui se dopent les athlètes américains ? Les questions que je me pose sont de cet ordre : comment les Chinois apprécient de revoir sans cesse les mêmes images ? Et à quel point sont-ils conscient du discours sous-jacent ? Autant demander à un catholique fervent s’il n’est pas fatigué de voir l’image du Christ dans les églises.

Après 2008, la lune !

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21 octobre 2006

Dear Sir, Dear Madam

Due to a new change of the official Programm of Federal Councellor Calmy-Rey's visit to China, we are sorry to inform you that the reception will now take place as initially communicated:

Friday, 27th of October 2006, 18.00 - 20.30

We apologize for this change of programm.

Please bring a printout of this mail  to show at the entrance.

DFA FEDERAL DEPARTMENT OF FOREIGN AFFAIRS

Embassy of Switzerland in China

Sanlitun Dongwujie 3

100600 BEIJING

Tel.no. 0086 10 6532 27 36 ext. 306, Ms. Zhang Na

Faxno. 0086 10 6532 43 53

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20 octobre 2006

Puyang ville propre

Les voilà, ils sont de retour. Par rangée de six camionnettes aux couleurs municipales ils sillonnent les rues en prêchant l’hygiène et la propreté via une bande enregistrée qui est diffusée par les haut-parleurs sur le toit du véhicule de tête. Je ne sais pas en combien de lois ils déclinent l’hygiène. La dernière fois ils en étaient à la vingtième. Un ton paternel qui enjoint la responsabilité de chacun de faire de notre ville l’une des plus propres de Chine.

L’arrière des camionnettes est découvert et ils y jettent tout ce qui ne fait pas propre. Cibles privilégiées : pancartes publicitaires sauvages, marchands ambulants, terrasses de petits restaurants. Tables, chaises, ustensiles de cuisine, tout un fourbi s’entassent dans les bennes laissant ces petits commerçants dénués sur le trottoir. Nombre de commerces gardent le rideau de fer baissé. Personne n’élève la voix. On regarde et on attend que ça passe. police
Ils s’éloignent et les vendeurs de fruits qui ont réussi l’esquive en se cachant derrière les blocs reviennent.
Cela a commencé il y a deux mois de ça. Des marchés ont été rasés, des maisons démolies, des murs repeint en blanc, les égouts nettoyés et toujours ses voitures et leurs haut-parleurs.
Comme toutes les voitures de police il y a un microphone et le bon papa coupe le discours sur l’hygiène pour aboyer des ordres depuis son siège. Tu obtempère ou tu verras.
On les avait oubliés, après la première phase qui avait duré un mois, les terrasses ont refleuri et il était de nouveau facile d’acheter une crêpe aux œufs en bas de chez soi pour le petit-déjeuner. Maintenant j’ai même plus le droit d’y laisser mon vélo ! La deuxième phase devrait être plus courte, le temps que les inspecteurs de Pékin reconduisent le droit à notre ville de s’adjoindre l’attribut de ville propre et puis nous pourrons à nouveau ripailler sur le trottoir. Lors de la première période c’était les inspecteurs de la province (Henan) qui étaient là.
Puyang, ville propre c’est vrai que cela sonne bien ! Pour les touristes, les investisseurs étrangers il y a comme une invitation à venir visiter. C’est un label dont peu de ville peuvent se prévaloir en Chine ; il ne fait pas de doute que c’est important pour l’économie de la région.
Quant à moi, je patiente et me réjouis de la retrouver un peu plus bordélique, sale et vivante.
Qu’elle pue un peu moins y’a pas de mal à ça, les grands nettoyages je fais ça aussi chez moi. Mais dans ma poésie j’aime que les choses ne soit pas à leur place. Le vent souffle frais, l’eau coule en trouvant toujours de nouveaux détours et il me faut 5 minutes pour trouver un briquet dans mon appartement alors que j’en ai une demi-douzaine ! Ce refus d’être catalogué et ordonné, c’est en fait plus qu’un refus c’est une nature, non contraignable. Cette nature donc est bordélique et vivante, tel la circulation que je décris dans mon périple à vélo pour acheter du poisson pour le dîner. Qu’elle soit plus propre je n’ai rien contre mais je refuse de l’étouffer pour une meilleure hygiène urbaine, morale, économique ou politique.
La Chine n’est pas un pays anarchique vous vous en douter. La population vit sous un gouvernement fort, puissant, totalitaire pourtant nous sommes libres de rouler en sens inverse. Le gouvernement agit fort quand ça le prend. Exemple les cent jours contre le piratage de CDs et autres enfreintes à la loi de la protection intellectuelle. Là il faut faire très attention et puis cent jours après on respire à nouveau. Les fêtes nationales sont aussi synonymes d’actions fortes des autorités. Rafles et balle dans les têtes. Nous savons tous cela, faisons attention et vivons en paix. Ces vagues de répression, dans le sens réprimer qui enfreint la loi, s’épuisent d’elles-mêmes. J’imagine qu’elle ne laisse pas le pays en position de statu quo. Nous avançons et quand le gouvernement y met un point d’honneur nous obéissons.  murblanc2

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18 octobre 2006

du poisson pour le dîner

Culotte bas en laine sous le pantalon, moufles et bonnet je descends les escaliers, mon vélo est au bas de l’immeuble. Il est encore là. Les voisins me disent qu’il va disparaître, je réponds que personne ne voudrait d’une telle épave.

Je retire mes moufles pour le décadenasser, renfile mes moufles et enfourche ma bécane de marque "immortel ", de fait elle doit déjà avoir 20 ans. Je l’ai achetée dans la rue à un bricoleur qui s’installe tous les jours sur le trottoir près de chez moi.
C’est un vélo lourd, haut et long. Couleur noir rouillé. Il faut quelques mètres de zigzags pour trouver le bon équilibre, le verglas de ce jour d’hiver n’arrange rien.  Ensuite, lorsque aucun obstacle ne s’interpose, vient l’impression de pouvoir rouler, filer 10000 lieux sans sourciller.
Quelques voisins me font signe, me demandent si je vais travailler ?
– Non, je vais faire des courses. 
Jour de congé. Flâner et ramener de quoi préparer le repas de midi. Des légumes et du poisson.
Un mot à la gardienne en uniforme du xiaoqu et me voilà sur la piste cyclable. Odeur d’hiver, les pneus qui crissent sur la neige, devant moi un rickshaw trace trois lignes, des sillons où un peu d’eau commence à ruisseler, le soleil est aussi de la partie de ce matin d’hiver ; il est déjà neuf heures et demi.
La piste cyclable est protégée de l’avenue par une barrière de plus d’un mètre de haut. Peu de voitures et des petits immeubles bien carrés des deux côtés de la route. Je n’habite portant pas loin du centre ville, c’est un kilomètre plus au sud, vers le supermarché où je me rends. La circulation est y souvent dense. Ce petit centre-ville est comme la petite embouchure d’un vaste entonnoir où quelques kilomètres carrés citadins se hérissent au milieu d’un cercle champêtre de plus de 50 kilomètres de rayon.

Le petit klaxon du rickshaw trompette. Devant lui de longues tiges d’acier sur une charrette poussée à la main. J’essaie de doubler mais une vespa vient en sens inverse. Pas de sport aujourd’hui, roue libre, et puis j’ai trouvé un magasin qui vend ma marque de cigarettes.  Je descends du vélo que je pousse sur le trottoir vers le petit kiosque. Le vendeur me demande si j’ai mangé, je lui demande si les affaires vont bien, lui offre une cigarette. Sont-elles des contre-façons ? Il veut savoir combien je gagne par mois, d’où je suis. Je réponds à peu près et m’en vais.
Je remonte sur l’ « immortel » et vais descendre du trottoir mais je dois d’abord laisser passer une belle grosse voiture noir luisant qui s’ébroue devant moi en direction de la piste cyclable.

Une belle et grosse voiture a la priorité sur une petite voiture qui a la priorité sur les cyclistes et les camions, sauf quand ils viennent à grande vitesse. Les deux roues ont la priorité sur les piétons. Cet ordre des préséances est cependant réversible suivant la fortune, la position sociale du cycliste ou du piéton, il faut être prudent sur tous les fronts.  Droite ou gauche importe peu, c’est la priorité à formes variables. panda
Avec force de coups de klaxons la voiture noire balaie la piste cyclable. Les cyclistes posent pied à terre, le pousseur de charrette presse le pas pour laisser la limousine rejoindre la route. Je ne vois plus le rickshaw, il a du trouver un moyen pour dépasser la charrette, peut-être un sprint sur l’avenue.
Le chauffeur de la voiture, sans doute un homme d’affaire, rejoint la route et continue de klaxonner.

Les longues tiges métalliques, plus de 5 mètres, ondulent à chaque pas de leur transporteur. Elles serviront peut-être au béton armé de l’appartement qu’achètera le petiot assis sur le porte bagage de sa maman, nous nous croisons. Elle est belle, jeune. Son coup de pédale est énergique et prudent à la fois. 
La chaussée n’est plus aussi glissante qu’au premier jour quand toute la ville était blanche. Des collectifs de citoyens se sont formés pour casser les plaques de glace.
Les tiges de fer chaloupent souplement. Elles sont posées sur la charrette sans être attachées, leur poids suffit à leur assise. L’homme pousse en tenant  les deux manches espacés d’un mètre. Dos courbé,  bras écartés. Sous le bleu de travail élimé, il porte des vêtements de corps en coton synthétique et de haut en bas : deux culottes bas et trois pulls en mauvaise laine, tous tricotés par sa femme. Ce n’est pas un homme perdu ni un hors caste. Il a une maison, un ou deux enfants, et s’il vient de la campagne, il retrouvera sa femme pour la fête du printemps toute proche. C’est ce que son dos me dit.
Sur les côtés les boutiques de plus en plus nombreuses finissent par ne plus s’interrompre. J’envisage une tentative de dépassement de la charrette mais des rires derrière mon dos me retiennent, je me fais doubler par deux jeunes échevelés qui discutent gaiement sur le même vélo.
Jour de congé, je n’ai qu’à pédaler tranquillement et puis le supermarché n’est plus qu’à une centaine de mètres.
Nous arrivons au carrefour du centre ville, en fait un rond point. Pas de feux rouges, pas de policiers, pas de passages cloutés ; juste une ouverture dans la barrière qui sépare la piste cyclable de la route et qui de toute évidence montre l’endroit où l’on peut traverser. Je ne sais pas comment s’y  prendra l’homme à la charrette.

Un rapide coup d’œil, un slalom rapide entre les voitures me permettent de me retrouver de l’autre côté avant même qu’il n’ait réussi à freiner sa charrette.

Devant le supermarché il y a le rickshaw de tout à l’heure, le chauffeur discute avec ses collègues au milieu d’un troupeau de ces véhicules faméliques. Ils me regardent et ricanent. Je pose pied à terre un peu plus loin, devant la porte du supermarché. Fermé ! Je trouve un employé qui me dit que, pour je ne sais quelle raison, ce matin c’est fermé.
Il me reste le marché et ses prix élastiques. Les légumes et autres viandes y sont généralement moins chers et de meilleure qualité, mais que de palabres pour une laitue ! Avec mon statut de peau de riche, je pars rarement gagnant dans les marchandages. J’y vais quand je suis de bonne humeur ou quand je n’ai pas le choix puisque l’on m’a envoyé faire les courses. Si j’étais seul, je me contenterai d’un bol de nouille dans un petit restaurant. Enfin allons-y, cap vers l’ouest, ensuite je pourrai rentrer chez moi par un autre chemin. J’aime ne pas devoir faire le même chemin en sens inverse.
J’entends les hellos rieurs des chauffeurs de rickshaws dans mon dos, j’essaie de ne pas y prêter attention. Je dois retraverser la route. Je ne sais pas pourquoi, justement à cet endroit il n’y a pas de policiers. Peut-être parce qu’il n’y a pas de feux rouges ? A bien y réfléchire c’est sans doute pour ne pas entraver la fluidité du trafic. Ils sont présents à tous les carrefours du centre, sauf au plus important.

Je ne sais pas quel critères ils ont pour arrêter un véhicule. Je les vois toujours occupés à essayer de dresser des PVs et l’automobiliste est toujours en train d’appeler quelqu’un sur son portable. Si la police avait des actions dans les télécoms, elle pourrait refaire une partie de l’argent des PVs qui sautent grâce à un coup de fil.
Je n’ai pas de conseils à leur donner. Je freine. Un bus s’est arrêté devant moi et les passagers encombrent la piste cyclable. Une jeune fille en profite pour glisser une publicité dans le panier accroché à l’avant de mon vélo. Du papier glacé, certainement une publicité pour acheter un appartement dans l’un de ces nombreux nouveaux immeubles. Les passagers du bus se sont dispersés, en laissant quelques hellos dans l’air frais. Je reprends un coup de pédale aisé, la fille du prospectus était jolie.

Cette artère est fréquentée, pas de neige sur la chaussée. Sur le trottoir, des petits vendeurs proposent des livres, des lunettes de soleil et des ceintures. J’arrive à hauteur d’un marché, ce n’est pas celui de mon quartier et je n’ai aucune chance d’en ramener quoique ce soit de valable. J’y jette un œil, pas long, un ballon roule devant ma roue, un gamin  courre derrière mon vélo, le cycliste qui vient en face fait grincer des freins rouillés.

Au prochain carrefour je prends la rue qui remonte vers le Nord. Quelques agents de police et une camionette. Ils y entassent des vespas sans plaques d’immatriculation et celles qui polluent trop. Effort national pour enrayer la pollution, améliorer le trafic, les ordres viennent de la capitale et ce n’est pas la peine d’essayer de téléphoner  pour obtenir un passe droit. Mei banfa ! Y’a rien à faire, c’est comme ça.
Cette rue est plus étroite, le goudron est de nouveau recouvert de plaques blanches, il y a des nids de poule.
Sur les côtés, des petits ateliers de serrurerie. A même le trottoir des ouvriers assemblent et soudent des barres de métal. Le principal de leur production ce sont des barreaux assemblés, avec plus ou moins de goût, que l’on pose devant les fenêtres pour se prémunir des voleurs. J’en conçoit l’utilité pour les étages du bas, mais ces barreaux envahissent les fenêtres jusqu’aux derniers étages. Un signe extérieur de confort, une manière de mieux renfermer l’intimité familiale ? Eux ils soudent et si la commande est bonne, ils ne s’arrêtent qu’après dix heures du soir. Entre ces ateliers, il y a des salons de coiffure pour hommes fatigués. Derrière des portes de verre fumé, des jeunes filles venues de la campagne proposent des soins capillaires, un chouette shampoing avec un massage du crâne et des omoplates. Elles vous remettent un homme à neuf. J’essaie d’en apercevoir quelques unes mais elles sont toutes à l’intérieur, serrées autour d’un poêle.
Qu’est-ce que je devais acheter déjà ?
Quelqu’un m’interpelle, c’est un son différent des hellos dans mon dos. Je m’arrête, retourne la tête. Oh c’est lui. Je lui explique que je ne peux accepter son invitation pour le déjeuner, je suis en route pour faire les courses et j’ai du monde à la maison. Alors ce sera pour une autre fois.

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17 octobre 2006

la maison en Chine 1

C’est vrai ce blog de Chine va dans le sens du voyage exotique à portée de main. Je ne vous empêche pas d’aller sur mon autre blog, plus héroïque ! Si tu veux tu trouves.
Mon blog de Chine et je m’y engage parle de la réalité quotidienne ici. Ce n’est pas évident pour moi de décrire ce que je vis avec eux. Il m’est finalement plus facile de parler de mon intimité que de celle des autres. Respect. Je vais tout de même le faire car j’ai un peu besoin de vous et la seule chose que je puisse vous donner, avant votre arrivée ici, c’est un peu de ce qui vivent les chinois que je fréquente ou rencontre simplement. Je serai donc votre voyeur mais garderai toujours en tête que vous partagez mon respect d’autrui, même quand trop c’est trop. De quel droit jugerai-je mon voisin de palier, qu’il soit chinois ou que je sois en Chine.
Dans mon cas les Chinois ont bon dos. Je parle d’eux et espère ainsi gagner votre confiance pour un projet personnel bien que familial. Mon épouse, non encore divorcée, et ses trois enfants ont besoin d’acheter une maison. Il ne s’agit pas d’une urgence humanitaire mais juste de leur donner le droit de réintégrer la société de leur village natal. Pas de maison pas de face ! Quoiqu’il en soit il ne s’agit pas tant de les aider eux. Ils ont déjà réuni la moitié du prix d’un appartement et moi je ne peux décemment accepter d’y être nourri, logé, aimé sans apporter ma part au capital. J’ai traversé les quatre mers, gagné de l’argent mais c’est toujours au jour le jour. Pas d’assurance maladie, etc. Vous savez que je ne suis pas avare mais ce que je peux donner ne se trouve pas dans une banque. Je ne rejette pas le système j’en représente simplement une alternative. A quarante ans je me vois mal changer d’utopie et c’est pourquoi j’ai foi que vois allez m’aider pour l’achat d’une maison en Chine.  
Ce blog servira à garder le contact avec vous, répondre à vos légitimes questions et définir les modalités de vos prêts et la garantie de leur efficience à bon escient.   
Yvan

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rideau de perles

Le rideau de perle s’agite et cliquète au rythme des vagues. Entre l’hôtel et la petite route du bord de mer un marronnier déploie des branches tordues d’arthrite. De l’autre côté de la route le granulé des galets se dorent au soleil d’automne.
L’hôtel est presque vide ; dans cette suite de couloirs blancs j’ai l’impression d’être le pensionnaire unique d’une maison de santé, d’un asile isolé. Mon corps est figé comme un vieux bloc de paraffine et mon visage cireux reflète un cerveau efficace dans les tâches domestiques mais qui s’enraie dans les moments où je pourrais et devrais le cultiver. Je dois trouver de nouvelles non-réponses à mes questions existentielles. La nihiliste insolence, devenue trop lourde, n’est plus de saison : j’ai perdu le feu sacré et mes aventures patinent, tellement loin des bateaux ivres !

La mer est un écran vide souligné par quelques barques qui ne s’en vont au large que pour ramener, laborieusement, un peu de calme et des fruits de mer. Les rêves de grand large m’évitaient d’éprouver, de reconnaître et d’accepter la comparaison avec le réel. Au-delà de l’immensité d’eau l’horizon épouse l’arrondi de la terre !

Je marche sur la plage, un pied dans la réalité et l’autre dans la mer. Largué en des confins incertains, je suis un myope qui préfère la vision sans lunettes.

Au restaurant de la plage, les huîtres ont le goût et l’odeur de la mer : je prends un bain sans me mouiller, je me risque sans m’éloigner, j’épuise les plaisirs et sort de l’eau à sec.
Je suis à l’hôtel pour me désempêtrer de ce flou figé et rassurant que je m’accorde comme une vision poétique.
Les vagues qui rentrent trop tard le soir ont la crête blanche en forme de pirogue renversée.Ert_

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la lune

moonLe quinzième jour du huitième mois lunaire c’est la fête de la mi-automne, fête de la lune, mon festival préféré. J’aime ce festival, d’abord parce que j’ai toujours aimé la lune et que ce jour là elle est la plus belle. C’est son jour et les poètes chantent et boivent en son honneur. C’est la deuxième fête de la semaine. Il y a 4 jours c’était la fête national que je déteste autant ici qu’ailleurs, tu sais « sur mon balcon à regarder passer les cons.» La télé chinoise n’en peux plus de repasser les mêmes films de la libération avec les toujours méchants japonais et s’étrangle en émissions vantant le pays, témoignages sucrés, sentimentaux ; Chine je t’aime tu es la plus belle nous sommes les plus intelligents, oh Beijing 2008 ah ! A peine pire que le reste de l’année. Donc la télé y remet une couche mais le peuple ; s’il ne s’en fout certainement pas, ne montre aucun signe de jubilation ostentatoire. Pas de petits drapeaux à acheter pour ma jolie chinoise, qui a ses règles depuis quelques jours, et surtout, un comble pour la Chine, pas de pétards ni de feu d’artifice ! Dans les rues tout ce passe comme si de rien n’était, on achète a peine un peu plus de viande pour le repas en famille. C’est une fête importante mais de là à inviter l’Etat à table il y a un pas. Ils savent aussi que ce jour-là, si une balle suffit, il y a trop de têtes où elle se loge. Pas de quoi pavoiser, mais il y a le temps pour se serrer les coudes à table et continuer en famille et avec les amis à faire le maximum pour s’entraider. La semaine de la fête nationale est aussi une semaine d’or. Qualificatif employé par le qouvernement pour qualifier sa promotion du tourisme des chinois en Chine. Il y a à peu près dix ans, le PIB galopant, l’Etat a rallongé les vacances pour permettre au Chinois de dépenser en s’amusant aux quatre coins de la Chine. Semaine d’or, c’est l’état qui encaisse et impossible de trouver une place assise dans un train. Je reste à la maison et attends la fête de la lune que j’aime fêter en la galante compagnie de ma femme. Etant ma fête préférée, c’est devenu la nôtre et son absence suffirait à mes faire faire des bêtises. Je ne suis pas sûr que cela soit aujourd’hui, peut-être demain, il y aura des feux d’artifice aux quatre coins de la ville et les gens se promèneront tard dans les parcs publiques. Les poètes se saouleront dans un chouette restaurant et les touristes touristeront. Chose amusante, cette année il y a eu deux septième mois lunaire (genre année bissextile) et donc deux fêtes des amoureux, le septième jour du septième mois de la belle blonde. Je ne suis pas sûr de la date car mon téléphone mobile n’a pas le calendrier lunaire et si ma belle sait quel jour nous sommes elle ne voudra pas me le dire. Tu te démerde. Dehors cela pétarde déjà mais a part le jour de la fête nationale cela pétarde tous les jours donc indice peu fiable. Je vais donc fureter sur le sit sous-mentionné pour savoir quel jour nous sommes. Aujourd’hui je me la coule douce, semaine d’or à la maison, deux festivals cela vaut bien quelques jours de vacances. Hier j’ai eu le temps d’enfin mettre de l’ordre dans mes CDs. J’écoute Stephane Blok ; merci Laetitia. Pour ceux qui ne connaissent pas cette charmante personne et n’ont donc pas eu la chance de goûter à sa cuisine, veuillez vous délecter en parcourant son blog. 

Pour la lune consultez:

http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/la-fete-de-la-miautomne-fete-de-la-lune_5.html

Brassens :  
http://www.paroles.net/chansons/18197.htm
                http://www.paroles.net/chansons/20317.htm
Laetitia :    
www.leboutdumonde.canalblog.com
Chine :      http://www.ramou.net
calendrier :
http://www.asia-home.com/china/lunarsol.php 

Posté par bbristo à 01:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2006

Shanghai

shqnghqiLa rue faisait 15 mètres de large pour 300 mètres de long ; dans le rétroviseur du taxi qui m’amenait à l’aéroport, elle avait l’air d’un terrain vaguement goudronné.
A mon retour, 8 mois plus tard, elle déroule crânement un tapis d’asphalte luisant ; escorté par des lampadaires « Belle Epoque », elle fait l’avenue jusqu’au carrefour, au-dessous de la rame du métro aérien.
Les maisons de moins de deux étages ont été rasées. De nouveaux buildings se remplissent et une douzaine d’autres sont sur le point d’émerger de leur gaine de bambou.
Mon immeuble, jaune délavé, cadrait bien avec mes années septante ; L’on me dit qu’il a été construit dans les années quatre-vingt dix.
Les façades sont maintenant rose saumon. Les toits qui étaient plats sont recouverts de fausses tuiles grenat, des moulures en plâtre frais dégoulinent jusqu’au rez-de-chaussée, jusqu’à la petite plaque métallique qui prévient que l’hygiène est du ressort de chacun.

Mon xiaoqu est composé de trois rangées d’immeubles de six étages. Tous les appartements ont un balcon donnant sur le Sud et les cuisines regardent toutes au Nord. Au pied des blocs, de petits jardins avec des arbres, des fleurs rouges, quelques légumes, des poules et des vieilles qui font des exercices de Tai Qi ; leurs larges abdomens décrivent des gestes sûres et flasques.
Il y a des xiaoqu de tous les styles et de toutes les grandeurs, ils ont tous un mur d’enceinte, une seule entrée et un gardien plus ou moins canin ; chez moi la petite guérite abrite un commerce de location de DVD, c’est le premier d’une demi-douzaine de petits commerces qui longent l’allée principale. Devant  l’épicerie, des vieux, assis sur leurs petites chaises en bambou, passent la journée à détailler les allées et venues. Souvent ils m’abordent : «T’as mangé ou pas ? Viens t’asseoir, il ne faut pas t’inquiéter, t’en trouveras du travail ! »
A côté de nous, une matrone vend des bols de nouilles ; quelques ouvriers mangent, le dos courbé, les yeux au bout des baguettes.
Un avion à réaction strie le ciel bleu, la lessive flotte sur les cadres rouillés, arrimés aux façades sud. Deux ou trois bicyclettes sillonnent les allées. Une voiture klaxonne, trois femmes d’âge différent veillent sur un petit garçon ; il se dandine vers sa mère qui revient du travail.

Je ne sors de mon xiaoqu que le soir, pour aller chercher Lanlan à la sortie de son travail. Au début de la ligne du bus, je m’affale sur l’un des trente sièges, une rangée derrière le chauffeur et de l’autre côté des doubles sièges où je ne m’assois jamais
Ecouteurs sur les oreilles, une bière dans la main et le regard perdu de l’autre côté de la vitre, bien malin qui viendra me demander d’où je viens.

Sur l’avenue Huai hai, des guirlandes clignotent entre les branches de platanes dénudés, c’est là que je descends. Le trafic est encombré, bruyant ; sur les trottoirs tout le monde à l’air pressé : c’est le meilleur moyen pour avancer. Bousculades devant des boutiques pour jeune et vieux, pour fortunés et classe moyenne. Les vitrines étalent des labels globalisés et les commerces qui n’affichent pas d’affiliation occidentale ont des crieurs pour appâter le chaland. Quelques mendiants hargneux. Mac Donald, etc.
Dans l’avenue vaporisée de gaz Néon, je marche en suivant les pavés au relief travaillé pour les non-voyants. Mon train aveugle m’amène jusqu’au restaurant français où travaille Lanlan, ça tombe bien.
Son patron me fait boire jusqu’à ce qu’elle puisse enfin poser son tablier.

Sur le chemin du retour, l’avenue s’est vidée, ne restent que quelques mendiants noctambules et les flaques noires que lèchent les enseignes lumineuses.
En attendant le bus je fume une cigarette devant une échoppe qui vend des saucisses et du lait parfumé de toutes les couleurs.
Lanlan me tend une saucisse rose, traversée dans la longueur par une baguette en bois, un goût de chair sucré

Posté par bbristo à 13:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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